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Pour Jean Pisani-Ferry, "le soutien immédiat à l'activité est un peu passé au second plan"

Interrogé sur le plan de relance du gouvernement, l'économiste qui avait notamment conseillé Emmanuel Macron, souligne que le choix d'un budget centré sur les entreprises présente des risques.

Maintenir l'emploi et relancer durablement l'activité. Voici, en résumé, l'objectif du gouvernement à travers son budget pour 2021 et en particulier son plan de relance, centré sur les aides aux entreprises. Si bien que certains économistes s'inquiètent de l'absence de mesure de soutien aux ménages.

"Je partage ces inquiétudes", explique Jean Pisani-Ferry, invité ce lundi sur BFM Business.

"Je comprends l'analyse du gouvernement" dans la gestion de cette séquence, indique-t-il. "Cette crise peut faire très mal à l'économie française car on est atteint dans un certain nombre de nos points forts traditionnels", comme l'aéronautique ou l'automobile.

Elle "va inévitablement laisser des traces et si on ne fait pas un effort important à la fois sur les sujets écologiques mais aussi sur les sujets de compétitivité, on risque de descendre d'une marche à la sortie de cette crise" prévient-il.

"Donc il y a une priorité très forte donnée à ces mesures structurelles. Du coup, le soutien immédiat à l'activité est un peu passé au second plan" remarque-t-il. Pour le gouvernement, l'épargne des Français cumulée pendant le confinement doit être le moteur de la relance de la consommation "Il y a un risque", prévient Jean Pisani-Ferry. Notamment que "les ménages soient prudents, inquiets" et donc continuent d'épargner plutôt que de dépenser. Eviter cette situation sera donc tout l'enjeu du gouvernement.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business