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Plus d'un cadre sur deux s'estime mal payé

Au cours des trois derniers mois, 6 entreprises sur dix ont recruté un cadre, selon le baromètre de l'Apec.

Au cours des trois derniers mois, 6 entreprises sur dix ont recruté un cadre, selon le baromètre de l'Apec. - Miguel Medina

Et malgré le contexte économique délicat, les cadres entendent bien demander des augmentations de leur rémunération cette année, avance une étude de Cadremploi.

Les cadres ont le blues. Alors que le marché du travail est bouleversé par la crise du covid, ces salariés s'estiment par ailleurs plutôt mal payés. Selon une étude* de Cadremploi, 57% des cadres estiment ne pas être payés à leur juste valeur et 52% se déclarent insatisfaits de leur salaire.

Les personnes interrogées pointent en effet une rémunération en dessous de celle du marché (47%) ou encore un salaire inférieur à leur investissement dans l’entreprise (63%).

60% des cadres interrogés estiment qu'ils seraient "bien payés" avec une rémunération annuelle comprise entre 45 et 75.000 euros. 31% placent le curseur à 75/90.000 euros et plus.

58% des cadres vont demander une augmentation

Et alors que débute la saison des entretiens annuels d'évaluation, les cadres entendent bien demander une augmentation. 58% d’entre eux ont fait ou vont faire la demande.

70% estiment avoir atteint leurs objectifs individuels quand 48% considèrent avoir pris des initiatives profitables à l’entreprise ou avoir accédé à des responsabilités supplémentaires (39%). 38% estiment valoir plus sur le marché et 31% mettent en avant une non-augmentation l'an passé.

34% des répondants ont demandé ou vont demander une augmentation annuelle de moins de 2000 euros, 28% entre 2000 et 3000 euros, 20% entre 3000 et 5000 euros et 18% plus de 5000 euros, selon l'étude.

Une majorité ne comprendrait pas un refus d’augmentation

Et plus d’un cadre sur deux (55%) ne comprendrait pas un refus d’augmentation, même dans le contexte actuel. Toutefois, seul un cadre sur quatre pense obtenir une augmentation cette année et 53% jugent "opaque" le processus de demande d'augmentation dans leurs entreprises.

Selon une autre étude, il ne faudra certainement pas s'attendre à des augmentations généralisées. "On peut s'attendre à de l'austérité et la tendance sera à l'individualisation des augmentations: les écarts vont se creuser principalement entre le marché passif et actif", explique ainsi Coralie Rachet, Directrice générale France Robert Walters.

Les niveaux de rémunération resteront majoritairement stables en 2021, résume l'étude. "Néanmoins, les profils cadres experts qui feront le choix de changer d'emploi pourront prétendre à une augmentation de salaire jusqu'à 15%", peut-on encore lire.

*: questionnaire administré en ligne auprès des bases opt-in Cadremploi du 13 au 15 Janvier 2021 - 1015 répondants.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business