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Salaires des cadres en 2021: place à l'austérité

87% des cadres ayant changé de poste estiment que cela a été bénéfique.

87% des cadres ayant changé de poste estiment que cela a été bénéfique. - Florian David - AFP

Selon la dernière étude de Robert Walters, seulement 26% des cadres français tablent sur une augmentation cette année contre 73% en 2020.

Le retournement est certainement sans précédent. Début 2020, le soleil brillait sur les cadres avec des recrutements massifs et un quasi plein-emploi. Quelques mois plus tard, la pandémie du covid rebat les cartes avec un marché du travail bouleversé.

De quoi peser sur les augmentations, comme le souligne la dernière étude* sur les salaires des cadres réalisée par Robert Walters. "On peut s'attendre à de l'austérité et la tendance sera à l'individualisation des augmentations: les écarts vont se creuser principalement entre le marché passif et actif", explique ainsi Coralie Rachet, Directrice générale France Robert Walters.

Les niveaux de rémunération resteront majoritairement stables en 2021, résume l'étude. "Néanmoins, les profils cadres experts qui feront le choix de changer d'emploi pourront prétendre à une augmentation de salaire jusqu'à 15%", peut-on encore lire.

Cette "austérité" est admise par la profession puisque seulement 26% des cadres français tablent sur une augmentation cette année contre 73% en 2020.

Quelles spécialisations pourront prétendre à des augmentations?

Les rémunérations des métiers des opérations et de l'engineering devraient rester stables à l'exception de certains postes stratégiques comme le Manager Lean Manufacturing (+11%) et le Manager HSE (+10%).

Dans le secteur de la santé, le Directeur des opérations cliniques pourra prétendre à une augmentation de salaire d'environ 11%. En supply chain, à l'heure où le contrôle et l'optimisation des flux sont primordiaux pour les entreprises, le Directeur Demand/Supply planning pourra prétendre à une augmentation de 10%.

Les cadres en IT et Digital "profiteront d'un marché toujours dynamique, porté notamment par les postes de Data Scientist et de Directeur cybersécurité", peut-on lire.

En raison de la généralisation du télétravail, du développement du e-commerce et de la multiplication des cyber attaques, la demande restera importante en 2021 alors que la tendance est à l'internalisation de ces fonctions. Par ailleurs, les profils de Responsable de programme, véritable chef de projet de la transformation des entreprises, pourront bénéficier d'une augmentation de salaire d'environ 10%.

Les fonctions financières ont connu une belle reprise des volumes de recrutement dès le mois de juin 2020, principalement sur deux typologies de fonctions: d'une part des fonctions d'expertises nécessaires à l'activité courante de l'entreprise et d'autre part, les fonctions de Directeurs financiers, notamment au sein de structures de taille intermédiaire.

Le Responsable des relations sociales sera fortement recherché en 2021

"C'est pourquoi en 2021, le Directeur Trésorerie et le Directeur administratif et financier pourront voir leur niveau de rémunération augmenter de 11%", avance l'étude.

Au cœur de la gestion de la crise, les fonctions juridiques et ressources humaines ont été sursollicitées pour la mise en œuvre du chômage partiel, du télétravail ou encore la mise en application des protocoles sanitaires. Là encore le marché actif pourra prétendre à quelques augmentations :

"Les fonctions juridiques, fiscales et compliance qui ont connu une belle inflation des salaires sur ces trois dernières années, devraient connaître une stabilisation en 2021 à l'exception de certains profils très demandés tels que le Compliance officer (+12% d'augmentation)".

Du côté des ressources humaines, pour maintenir un dialogue social harmonieux dans ce contexte de crise, le Responsable des relations sociales sera fortement recherché en 2021. Son niveau de rémunération pourrait croître de 15%.

Ce contexte particulier modifie également la perception des cadres de leur métier. 38% des cadres estiment que leur métier a moins de sens et que leur motivation au travail est mise à rude épreuve.

Reste que la rémunération comme critère d'attractivité des cadres prend de l'importance. A la 5ème place en 2020, elle arrive en troisième position cette année (37%).

*: Etude de rémunération: données issues d'entretiens réalisés auprès de 50.000 candidats et clients dans le monde, de janvier à décembre 2020.

Enquête Robert Walters: enquête réalisée auprès de plus de 1300 candidats et 250 employeurs interrogés en ligne en octobre 2020 en France.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business