BFM Business

Plombée par les grèves, l'activité des commerces chute en décembre

-

- - Pexels

Selon les chiffres de l'association Procos, qui représente 300 enseignes, l'activité du commerce spécialisé baisse de 4% en décembre. Le recul est nettement plus marqué à Paris (-18%) et dans les gares (-33%).

Décembre a été, une nouvelle fois, difficile pour le commerce. Selon l’association Procos, qui rassemble plus de 300 enseignes et 60.000 magasins, l'activité du commerce spécialisé a plongé de 4% le mois dernier, plombée par les mouvements sociaux. L'impact est nettement supérieur à Paris, épicentre de la contestation, avec une baisse de 18% en décembre. Conséquence de la grève des transports, le commerce en gare a, lui, perdu 33% sur le dernier mois de l'année.

Un tiers des entreprises de son panel – qui compte le groupe Monoprix, les Galeries Lafayette, Fnac-Darty, Décathlon, Sephora, Paul ou McDonald's – a subi "une baisse nationale supérieure à -8 % sur le mois", précise l'association dans son baromètre mensuel. Les centres commerciaux de centre-ville, qui perdent plus de 9%, et les moyennes surfaces de périphérie, dont l'activité décline de 6 %, sont en première ligne. "Les magasins de rue de centre-ville (-0,3 %) et les centres commerciaux de périphérie (-2,2 %) ont en moyenne mieux résisté", souligne Procos.

"Très mauvaise" première semaine de soldes

Une baisse d'autant plus alarmante qu'elle succède à celle de décembre 2018, alors chahuté par le mouvement des gilets jaunes. Soit "deux années de suite à -4 % lors du mois le plus important de l’année", qui pèse en moyenne 20% du chiffres d'affaires annuel, s'inquiète Procos. Or, bien que l'activité soit en très légère hausse pour l'année 2019 (+0,1%), cela ne permettra pas de récupérer la baisse liée aux gilets jaunes l'année précédente. La "très mauvaise" première semaine de soldes (-6%) ne devrait pas arranger les choses.

"Compte tenu des lourds impacts sur l’activité et la rentabilité de nombreux acteurs, il sera indispensable que le gouvernement envisage des mesures d’accompagnement plus adaptées à la situation que les seuls reports d’échéance et chômage partiel. Des abandons de charges fiscales ou sociales seront nécessaires pour permettre aux entreprises de survivre d’une part, mais aussi de poursuivre leur indispensable transformation, d’autre part", appelle Procos, qui demande un bilan à l'issue de la période de soldes.

Jeremy Bruno