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Plan de relance: le gouvernement n'aidera pas plus Air France pour le moment

Jean-Baptiste Djebbari le 29 juin 2020 à Paris

Jean-Baptiste Djebbari le 29 juin 2020 à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Si dans le plan de relance une enveloppe de 1,8 milliard d'euros est prévue pour soutenir l'aérien, c'est l'industrie aéronautique qui est concerné et non les compagnies comme Air France.

Air France serait-elle la grande oubliée du plan de relance? Alors que le ministre des Transports détaille dans Le Parisien l'enveloppe de 11,5 milliards d'euros qui sera consacrée au transport, les compagnies aériennes ne seront pas (pour le moment) davantage aidées par le gouvernement.

"Nous les suivons de très près. Le juge de paix sera la reprise du trafic. Autrement dit, si les usagers reprennent l'avion, explique Jean-Baptiste Djebbari. Dans l'aérien, 50 % des liaisons ont été assurées [cet été] avec des avions à moitié remplis conformément aux règles sanitaires. Le creux est un peu moins prononcé que ce que nous avions estimé. Mais si le décrochage se poursuit dans les transports en commun, il faudra se poser la question du modèle économique."

Le ministre des Transports reste donc assez vague sur l'aide aux compagnies aériennes.

Air France déjà soutenu à hauteur de 7 milliards

Le gouvernement a déjà beaucoup aidé le secteur, un des plus durement touchés par la crise sanitaire. La France s'est ainsi engagée en avril dernier à hauteur de 7 milliards d'euros pour ne pas voir sombrer la compagnie hexagonale. Quatre milliards d'euros de prêts bancaires garantis à 90% par l'Etat français plus un prêt direct de l'Etat de 3 milliards, là aussi en contrepartie d'engagements sur l'amélioration de sa rentabilité et sur la réduction de ses émissions de CO2.

Insuffisant semble-t-il pour permettre à Air France de redécoller. La compagnie a annoncé fin juin un plan de restructuration qui devrait concerner 7500 postes d'ici 2022. Une annonce que n'avait guère goûté le ministre des Transports.

"La France a donné 7 milliards, pas pour payer des plans sociaux. C’est 7 milliards pour survivre, pour payer les salaires", s'agaçait le 1er juillet sur BFMTV Jean-Baptiste Djebbari.

D'autant qu'entre temps, c'est le gouvernement néerlandais qui est venu en aide au groupe Air France-KLM à la faveur de 3,4 milliards d'euros de prêts.

Le trafic aérien n'a vraiment pas repris

Reste que si ces aides ont permis au groupe de survivre malgré un effondrement historique du trafic aérien, la reprise reste encore très incertaine du fait des restrictions de circulation. Selon l'Association internationale du transport aérien (AITA), le trafic des vols commerciaux en Europe devrait baisser cette année d'environ 60% par rapport à 2019.

Le patron de l'AITA appelle d'ailleurs les Etats à se coordonner sur ce point.

"Les frontières ne sont en réalité pas ouvertes, les mesures de quarantaine décidées par les pays sont de tels outils de dissuasion que les gens ne voyagent pas, déplore Alexandre de Juniac. Les décisions de fermer les frontières sont prises de façon très désordonnées. Certains pays les ferment le matin et les rouvrent l'après-midi ou inversement. Plusieurs centaines de mesures par jour sont ainsi prises dans le monde."

Le gouvernement préfère aujourd'hui aider la filière industrielle aéronautique. Les 1,8 milliard d'euros prévus dans le plan de relance pour l'aérien lui sont exclusivement consacrés.

"Nous débloquons 1,8 milliard d'euros essentiellement pour soutenir l'industrie aéronautique pour qu'elle crée l'avion du futur. Nous espérons que l'avion régional hybride soit créé à l'horizon 2027 et l'avion sobre en carbone, probablement à hydrogène, à l'horizon 2033", indique le ministre des Transports.
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco