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Perte du "contrat du siècle": Bruno Le Maire estime que "ce n'est pas une catastrophe industrielle"

Invité sur BFMTV, le ministre de l'Economie, des Finances et de la Relance, se veut rassurant sur l'impact économique de la rupture du "contrat du siècle" par l'Australie.

Une "rupture de contrat moral". C'est ainsi que Bruno Le Maire qualifie l'annulation par l'Australie du contrat de 56 milliards d'euros avec le français Navan Group. Invité sur BFMTV, le ministre de l'Economie, des Finances et le Relance juge sévèrement la décision du gouvernement australien.

"Il est regrettable en ce lendemain de crise que nous ayons une telle rupture de contrat moral, estime-t-il. L'Australie et les Etats-Unis en portant l'entière responsabilité."

Pour autant Bruno Le Maire entend toutefois relativiser l'impact économique de cette rupture de contrat.

"Est-ce que c'est une catastrophe industrielle? Non. Ce n'est pas une catastrophe pour Naval Group qui peut absorber l'annulation de ce contrat qui représentait 10% de son chiffre d'affaires, 650 emplois d'ingénieurs; ils seront redéployés dans les autres activités de Naval Group: la construction du sous-marin d'attaque et préparation du nouveau sous-marin nucléaire lanceur d'engins", assure le ministre de l'Economie.

Alors que les syndicats du constructeur naval craignent des conséquences sur les salariés, Bruno Le Maire se montre de son côté confiant.

"Ne cédons pas aux peurs. Que ce soit une rupture de contrat moral, que ce soit brutal [...] oui. Quand on joue avec les peurs des Français et qu'on dit que ça va avoir un impact dramatique sur l'activité de Naval Group. Non. Naval Group absorbera sans perte sur l'emploi."

Une rupture qui aura des conséquences sur la relation future entre la France, les Etats-Unis et l'Australie.

"Cette annulation ne restera pas sans suite, prévient le ministre de l'Economie. Nous tirerons toutes les conséquences de cette annualtion du point de vue contractuel. Mais c'est surtout du point de vue stratégique que la leçon à en tirer est très simple: nous devons construire l'autonomie stratégique européenne car nous ne pouvons pas compter avec la parole d'alliés qui viennent de la renier."
Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco