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Pauvreté: le fossé économique entre la métropole et l'outre-mer encore loin d’être comblé

Les inégalités demeurent entre les DOM et la métropole

Les inégalités demeurent entre les DOM et la métropole - Ali AL-DAHER

Selon une étude de l'Insee parue ce mercredi, le niveau de vie médian dans les DOM est largement inférieur à celui observé en métropole. Une pauvreté surtout marquée à Mayotte et en Guyane.

Il y a un an, Emmanuel Macron annonçait un effort financier de l’Etat de 2,1 milliards d’euros pour l’Outre-mer. Le président disait ne pas vouloir "s’habituer" aux "situations de retard et de décrochage" dans ces territoires. Une étude de l’Insee parue ce mercredi permet de mieux comprendre le fossé économique source d’inégalités qui persiste entre les DOM et la métropole. Ainsi, le niveau de vie médian qui partage la population en deux parties égales, était de 260 euros par mois à Mayotte en 2017. Cela représente un sixième du niveau de vie médian de France métropolitaine (1700 euros).

A la Réunion, la moitié de la population gagne moins de 1160 euros mensuels, soit un niveau de vie médian inférieur d’un tiers à celui de l’Hexagone. Enfin, ce même niveau de vie médian se situe respectivement à 1360 euros et 1310 euros en Martinique et en Guadeloupe, soit 20 et 23% de moins qu’en France métropolitaine.

Une pauvreté marquée

Mécaniquement, le niveau de vie des plus fragiles est aussi plus faible en outre-mer. En effet, le niveau de vie plafond des 30% les plus modestes aux Antilles et à la Réunion "se situe un tiers en deçà de celui de la métropole", souligne l’institut de la statistique. Pour la Guyane, il est même inférieur de plus de la moitié. Et pour cause, trois personnes sur dix ont un niveau de vie inférieur à 640 euros par mois en Guyane, 850 euros à la Réunion et 950 euros aux Antilles, contre 1340 euros en métropole. A Mayotte, seuls 10% des habitants vivent avec plus de 1800 euros par mois et 3% avec plus de 3000 euros.

Ces faibles niveaux de revenus se traduisent par un taux de pauvreté particulièrement élevé tant au seuil national (moins de 1010 euros par mois, 1515 euros pour un couple sans enfant ou 2120 euros pour un couple avec deux enfants) qu’au seuil local fixé à 60% du niveau de vie médian du département.

En se basant sur le premier critère, le taux de pauvreté atteint 77% à Mayotte, 53% en Guyane, 42% à la Réunion, 34% en Gualdeloupe et 33% à la Martinique, contre 14% en France métropolitaine où seul le département de Seine-Saint-Denis est confronté à un taux de pauvreté à peu près comparable (28%). Au seuil local, la proportion de personnes pauvres atteint 42% à Mayotte (moins de 160 euros par mois), 23% en Guyane (moins de 550 euros), 21% à la Martinique (moins de 820 euros), 19% en Guadeloupe (moins de 790 euros) et 16% à la Réunion (moins de 700 euros), contre 15% dans l’Hexagone (moins de 1020 euros).

Fortes inégalités

Compte tenu des très faibles niveaux de vie dans le bas de la distribution, les inégalités sont bien plus importantes en outre-mer qu’en métropole. En Guyane, les habitants qui se situe sous le niveau de vie médian ne détiennent qu’un cinquième (21%) de l’ensemble des niveaux de vie quand les 20% les plus aisés en détiennent près de la moitié (47%).

Aux Antilles et à La Réunion, les inégalités sont un peu moins prononcées mais restent criantes: la moitié de la population sous le niveau de vie médian disposent de 27% des niveaux de vie, contre 40% pour les 20% les plus aisés.

Des faibles revenus fortement dépendants aux prestations sociales

A Mayotte, les écarts considérables de niveaux de vie témoignent "du très faible revenu des plus défavorisés, parmi lesquels une population immigrée nombreuse, souvent de nationalité étrangère et en situation irrégulière", indique l’Insee.

Or, cette population ne peut avoir accès aux prestations sociales. C’est pourquoi seuls 6% de la population bénéficient du RSA sur l’île, contre 24% dans les autres DOM où les prestations sociales non contributives représentent plus de la moitié du revenu disponible des 20% des ménages les plus modestes. Et même 70% en Guyane.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco