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Oui, on peut mesurer le bonheur!

Dès les années 70, le Bhoutan a voulu mesurer le bonheur

Dès les années 70, le Bhoutan a voulu mesurer le bonheur - Camdiluv- Wikimedia Commons - CC

BFM Business et le spécialiste du marketing digital Inbox ont décidé de bâtir un indicateur qui constituera le véritable baromètre du bonheur des Français. A terme, le but est d'explorer les liens existants entre l'économie et la perception du bonheur.

La crise de 2008 a fait ressurgir, comme après presque chaque choc subi par l’économie mondiale, le débat sur la qualité de la croissance, voire sa finalité.

"Comment être certain qu’une société progresse sur le long terme, c’est-à-dire sans hypothéquer les ressources disponibles et en assurant le bien-être de l’ensemble de la population, y compris des générations à venir ?" s’interrogent les experts de France Stratégie dans une étude parue en septembre 2014.

Jusqu’à maintenant, les économistes avaient surtout cherché à mieux appréhender la notion de bien-être : dès le début des années 1970, déjà, le Bhoutan inventait un indicateur révolutionnaire, abusivement intitulé, le bonheur national brut, qui, complétait la croissance économique avec des indicateurs relatifs à la culture nationale ou à l’environnement.

En 1990, c’est le prix Nobel indien Amartya Sen qui élaborait un indice de développement humain à partir du PIB par tête, de l’espérance de vie, du niveau d’éducation et des inégalités. Mais aujourd’hui, alors que l’économie intègre de plus en plus les apports de la psychologie, les économistes sont partis à la quête d’un nouveau graal: le bonheur.

Comment le mesurer? Comment expliquer ce sentiment si fugace et indescriptible ? Pas beaucoup d’autres solutions que de demander aux gens, tout simplement, s’ils sont heureux ! Du coup les enquêtes se multiplient, comme celle menée par l’institut de sondage Gallup servant à élaborer le "World Happiness Report" de l’ONU.

Sonder "les têtes et les coeurs"

Mais paradoxalement, aucune de ces enquêtes n’utilise les possibilités offertes par les nouvelles technologies de l’information pour sonder les têtes et les coeurs. C’est pourquoi l’Observatoire BFM Business et le spécialiste du marketing digital Inbox ont décidé de profiter du savoir-faire acquis dans l’élaboration du "Social Ecorama" qui était déjà le premier baromètre du climat des affaires fondé sur l’humeur des réseaux sociaux.

Le but: bâtir un véritable baromètre du bonheur des Français, qui sera mesuré chaque jour (et non plus une fois par mois ou par an), et dont il sera possible d’expliquer les fluctuations (amour ? travail ? santé ? météo ? argent ?...). Sur les deux mois qui viennent de s’écouler, quelques points saillants : les plus hauts (pour les fêtes de fin d’année), les plus bas (le jour de l’attentat de Charlie hebdo).

L’enjeu : mieux cerner les mécanismes de l’alchimie complexe qu’est le bonheur, et surtout pouvoir, à terme, contribuer modestement à explorer les liens entre économie et bonheur : est-ce que l’argent rend heureux ? Est-ce que plus généralement la croissance rend heureux ? Et si c’était plutôt le bonheur qui fabriquait la croissance et non l’inverse ? Rendez-vous donc bientôt quotidiennement sur le site de BFM Business pour suivre notre indice du bonheur

L'évolution de l'indice du bonheur construit par BFM Business et la société Inbox. On remarque un plus haut situé pour les fêtes de fin d'année, tandis que le point le plus bas correspond à la période des attentats de Charlie Hebdo

Emmanuel Lechypre