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Nouvelle plainte contre Uber concernant son utilisation des données personnelles

Uber

Uber - AFP

La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a déposé mardi une nouvelle plainte contre le géant américain sur ses manquements concernant les données de ses chauffeurs.

Visiblement, Uber semble prendre quelques libertés avec les données de ses utilisateurs mais aussi de ses chauffeurs. Fin 2018, la Cnil avait infligé une amende alors record de 400.000 euros à Uber pour avoir "insuffisamment sécurisé les données des utilisateurs" de son service.

Aujourd'hui, la Ligue des droits de l'Homme (LDH) a déposé une plainte supplétive devant la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) contre la plateforme pour de nouveaux "manquements" au Règlement général sur la protection des données (RGPD).

"Uber n'en fait qu'à sa tête"

Dans cette "plainte supplétive à la plainte collective" déposée par le 12 juin dernier contre Uber France, mais aussi la maison mère Uber Inc., la LDH, mandatée par 99 chauffeurs travaillant avec la plateforme, dénonce "de nouveaux manquements qu'elle a pu constater à l'occasion de la publication de 'conditions supplémentaires à l'annexe de chauffeurs' en date du 12 juillet 2020", selon le document consulté par l'AFP.

La première plainte, qui visait le droit d'accès des chauffeurs à leurs données, collectées par la plateforme, est actuellement en cours d'instruction par la Cnil, a indiqué à l'AFP Me Jérôme Giusti, l'avocat de la LDH. "La deuxième plainte porte sur deux infractions majeures au RGPD qui démontrent qu'Uber n'en fait qu'à sa tête", a estimé l'avocat.

"Uber a révisé les conditions générales vis-à-vis de ses chauffeurs" et leur "refuse deux droits fondamentaux", à savoir le droit d'accès à leurs données s'ils sont "déconnectés", c'est-à-dire quand ils n'ont plus de contrat les liant à Uber, ainsi que "l'impossibilité de s'opposer à la cession commerciale de leurs données", affirme Me Giusti.

Ces données "permettent de nourrir les assignations aux prud'hommes" pour établir le lien de subordination entre Uber et les chauffeurs dans le but de voir leur contrat requalifié en contrat de travail, a souligné Me Giusti, qui accompagne 150 chauffeurs VTC dans de telles procédures.

OC avec AFP