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Malgré la crainte d'être jugés comme des "planqués", les fonctionnaires veulent télétravailler

Un simple accord d'entreprise ou un accord verbal de son supérieur suffit pour adopter le télétravail

Un simple accord d'entreprise ou un accord verbal de son supérieur suffit pour adopter le télétravail - Lindsay Reul- Flickr - CC

Peu développé avant la crise sanitaire, le télétravail a aussi explosé dans la fonction publique malgré la culture du présentéisme et les freins techniques encore nombreux.

Le télétravail s'est fortement développé dans la fonction publique aussi. Alors que seuls 13% des agents télétravaillaient avant la crise, la moitié des agents ont été amenés à travailler à distance pendant les confinements, selon le baromètre Wimi-Ipsos.

Synonyme de gain de temps pour 68% des personnes interrogées et d’efficacité dans le travail personnel pour 67% d'entre elles, le télétravail est appelé à se généraliser. Ainsi les trois quarts des agents (75%) veulent désormais télétravailler et 58% au moins un jour par semaine.

Néanmoins comme dans les autres secteurs, les freins à son développement sont nombreux. A commencer par les freins culturels. La culture du présentéisme est très forte selon les agents interrogés. Ainsi, 65% jugent que, dans leur organisation, "les gens restent au bureau pour montrer qu'ils travaillent". Et 53 % estiment même que les personnes qui travaillent à distance "sont considérés comme des planqués". Ce qui représente un taux plus fort que dans le privé où seuls 46% le considèrent.

Pourtant dans les organisations où la hiérarchie fait confiance aux collaborateurs, 70% des agents ont "bien vécu cette période de confinement d’un point de vue professionnel": c’est 8 points de plus par rapport aux organisations où la hiérarchie ne fait pas confiance aux collaborateurs.

Pour un "patriotisme technologique"

C’est l’occasion aussi de démentir certains clichés concernant la fonction publique: globalement les agents jugent, à des niveaux comparables et parfois supérieurs à ceux du privé, que leur organisation promeut le travail en équipe (74% contre 75% dans le privé), la confiance (78% des agents de la fonction publique d’Etat estiment que la confiance règne entre collègues contre 77% dans le privé) et dans un degré moindre, la transparence (68% vs. 75% dans le privé).

Le deuxième obstacle est lui technique. Plus de la moitié des agents (51%) estiment que les outils fournis ne sont pas adaptés au télétravail et moins d’un agent sur deux déclare avoir facilement accès à ses documents à distance.

Et en matière d'équipement, les agents plébiscitent à une large majorité les outils français. 91% des sondés pensent que l'Etat et le secteur public devraient réaliser au moins la moitié de leurs achats de logiciels auprès d'acteurs français ou au moins européenne (85%).

Un patriotisme technologique principalement pour des raisons de sécurité des données. En matière de protection des données professionnelles, trois quarts (73%) des sondés ne font pas confiance aux logiciels chinois; la moitié des personnes interrogées (49%) ne font pas confiance aux logiciels US. Une défiance deux fois et demie supérieure à celle affichée pour les logiciels français (21 % seulement).

*L’enquête a été menée par un questionnaire auto-administré en ligne du 10 au 20 novembre 2020, au coeur du second confinement, auprès d’un échantillon de 500 actifs du secteur public et de 500 actifs du secteur privé qui travaillent tous les jours ou plusieurs jours par semaine dans un bureau.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco