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Les ventes des vins de Bordeaux reculent en France face au rosé et à la bière

Les ventes de vins de Bordeaux en France ont reculé de 10% en grande distribution l'an dernier.

Les ventes de vins de Bordeaux en France ont reculé de 10% en grande distribution l'an dernier. - Georges Gobet-AFP

Trinquer à la bière ou au rosé plutôt qu'au vin rouge: les chiffres officiels 2018 ont confirmé une nette tendance au recul des vins de Bordeaux en France, avec un baisse de 10% de leurs ventes en grande distribution l'an dernier.

Si les hyper et supermarchés restent le premier circuit de commercialisation avec 130 millions de bouteilles vendues l'an passé, l'appétence pour les vins de Bordeaux s'émousse dans l'Hexagone, alors que la consommation globale de vin est en recul en France, a indiqué le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB).

Ces chiffres en berne s'ajoutent aux perspectives moroses des exportations vers les États-Unis, entravées par la taxe de 25% appliquée mi-octobre par l'administration Trump, et le fort recul des ventes de bordeaux en Chine depuis deux ans (à 421.000 hectolitres en 2019 contre plus de 600.000 hl en 2017).

La France représente encore 56% des ventes totales

"Sur le marché français, qui représente 56% de notre commercialisation, (...) nous avons perdu un cinquième de nos volumes sur les cinq dernières années, essentiellement sur les vins entre 3 et 5 euros: Les consommateurs boivent moins d'alcool, moins souvent, en plus petite quantité et se détournent des vins rouges en favorisant des vins frais comme le rosé ou les bières" a déclaré Bernard Farges, président du CIVB.

Selon une étude interne, sur 100 bouteilles de bordeaux non vendues, 64 sont liées à une "déconsommation" pure, de gens qui boivent moins d'alcool. Quatre sont dues à des consommateurs qui choisissent d'autres vins, et 32 sont le fait d'un report vers un autre alcool, essentiellement la bière artisanale, à la mode.

Sous le choc, Bordeaux, d'ordinaire encline à un certain sentiment de supériorité dans le monde de la viticulture française, s'est lancée dans une introspection inédite pour tenter de sortir du marasme.

Un problème d'image des vins de Bordeaux 

"La tendance est à la modération et cela touche toutes les appellations, tous les alcooliers" a indiqué le président du CIBV en admettant aussi que l'image de Bordeaux est souvent synonyme "de tradition, d'héritage, de cherté", et pas associée aux vins "souples, fruités, faciles à boire" plébiscités par les consommateurs.

Pour sortir du marasme actiel, il a indiqué que Bordeaux allait mettre en valeur les "gueules" de Bordeaux, les vignerons, les négociants qui font et vendent le vin, comme le font déjà très bien d'autres régions viticoles, Bourgogne, Loire ou Languedoc par exemple.

"Certes nous sommes les grands crus et les crus classés de 1855, mais nous ne sommes par que cela" a dit Bernard Farges en citant "les reconversions, les hipsters, les créatifs et les fous" de Bordeaux qui gagneraient à être mieux connus des amateurs de vins.

Frédéric Bergé avec AFP