BFM Business

Les salariés de Safran craignent des milliers de suppressions d'emplois en Europe

Le moteur Leap produit par Safran et General Electric

Le moteur Leap produit par Safran et General Electric - AFP

Les salariés du groupe industriel spécialisé dans l'aéronautique anticipent des milliers de suppressions de postes et pressent la direction de dévoiler ses plans pour la France.

Les représentants des salariés au comité d'entreprise européen (CEE) du groupe Safran craignent "des milliers d'emplois supprimés en Europe" et réclament "une présentation globale de la politique industrielle à l'échelle mondiale" du motoriste et équipementier aéronautique.

"L'instance européenne de dialogue social n'entend pas se contenter d'informations-consultations fragmentées par pays", prévient dans un communiqué le CEE mardi, après une réunion le 20 mai dernier.

"Safran annonce des plans de réductions d'effectifs dans plusieurs pays européens, principalement au Royaume-Uni et en Pologne, mais aussi en Allemagne où des négociations sont en cours", ajoutent les représentants du personnel.

Toutes les activités sont touchées, selon eux, de la production à l'ingénierie. Au Royaume-Uni, ce sont les sièges, les nacelles et les activités électriques qui sont concernées et en Pologne les transmissions électriques.

Selon Daniel Baqué, délégué CGT, "le groupe va proposer une boîte à outils où pourront piocher les filiales dans chaque pays", avec des mesures allant de départs volontaires dans le cadre d'une rupture conventionnelle à des réductions du temps de travail et réductions salariales.

20.000 salariés au chômage partiel

Il est question de 700 suppressions de postes au Royaume-Uni. Aucun chiffre n'a été communiqué pour la Pologne. En dehors de l'Europe, le Mexique (3.000 postes) et les États-Unis sont aussi touchés par les suppressions de postes.

"Ce sont des annonces parcellaires, nous réclamons une vision globale", a déclaré Daniel Baqué. Lors de l'AG des actionnaires le 28 mai, le directeur général Philippe Petitcolin a annoncé un chiffre d'affaires divisé par deux en avril par rapport à 2019 en raison de la crise du secteur aérien provoquée par le Covid-19 et a évoqué des "licenciements à l'international" déjà engagés pour faire face à la crise, sans donner de détails.

Pour la France, il n'a pas parlé de licenciements, mais évoqué le chiffre de 20.000 personnes, soit 40% des effectifs, qui étaient en chômage partiel.

F.B. avec AFP