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Les prix baissent de 1,3%: c'est le retour de la guerre des prix en grande distribution

Un supermarché de Toulouse, en novembre 2013.

Un supermarché de Toulouse, en novembre 2013. - -

Après des mois relativement stables, les prix en grande distribution repartent fortement à la baisse. avec la crise, une nouvelle guerre des prix est sur le point de s'engager malgré la loi Egalim.

C’est le retour de la guerre des prix en grande distribution. Après une relative stabilité durant le confinement, les prix des produits de grande consommation sont en baisse depuis quelques semaines. Selon Nielsen qui suit l’évolution des prix dans 20.000 points de vente en France (hypermarchés, supermarchés, hard-discount et drive), les prix ont baissé de 0,9% en moyenne depuis le 1er janvier. Sur un an la baisse est encore plus marquée puisqu’elle est de 1,3% par rapport à juin 2019. Votre chariot de courses qui vous coûtait 100 euros il y a un an, vous coûtera aujourd’hui 98,70 euros.

Et cette baisse est particulièrement marquée sur les grandes marques comme le Nutella, le Coca Coca, le camembert Président ou le café Carte Noir… Sur ces produits-là, la chute est de 1,3%. Bien plus que sur les marques de distributeurs qui baissent elle aussi mais dans des proportions moindres (-0,3%).

La grande distribution semble déjà s'être mise en mode "crise". Si la consommation est plutôt bien repartie avec le déconfinement, les grandes surfaces anticipent déjà les difficultés de pouvoirs d’achats des Français.

Les hypermarchés les plus agressifs sur les prix

Et ce sont les enseignes d'hypermarchés qui sonnent la chargent les premiers. Auchan, Leclerc, Cora, Carrefour ou Colruyt comme le note Olivier Dauvers, spécialiste de la consommation qui scrute les prix sur le drive en France. Le point commun de ces enseignes: ce sont elles qui ont les plus grandes surfaces. Et ce sont ces hypermarchés situés en périphérie des villes qui ont le plus souffert du confinement. Les Français ont privilégié durant cette période les magasins les plus proches de chez eux et de taille moyenne pour éviter les contacts. Aujourd’hui, elles activent le levier du prix pour rattraper leur retard.

Ce qui pour Leclerc par exemple a eu un effet immédiat sur les ventes. Sur la période du 18 mai au 14 juin, l'enseigne bretonne a ainsi progressé de 1,9 point en France selon le panéliste Kantar. Leclerc pèse désormais à lui seul 23,3% des ventes en grande distribution en France. Un succès qui devrait donner des idées à la concurrence.

Une guerre des prix se profile donc et ce malgré la loi Egalim qui était censée criconscrire ce type de pratiques.

"Le problème c'est que la loi ne s'attaque pas aux vraies causes de la guerre des prix, note Olivier Dauvers. Le problème c'est que la consommation stagne en France alors que l'offre commerciale, le seul levier pour les magasins c'est donc le prix. vous ferez tout ce que vous voudrez mais tant que vous ne limiterez pas l'offre ou augmenterez significativement le pouvoir d'achat, le prix sera toujours le seul levier."

Surtout les distributeurs restent très puissants: en France ce sont quatre centrales d’achats qui contrôlent 90% du marché. En face, il y a des milliers de fournisseurs (des multinationales comme Unilever au petit producteur de fruits et légumes). Un rapport de force largement déséquilibré qui donne un pouvoir de négociation très fort à la distribution.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco