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Les chiffres de l'Insee qui redonnent le sourire à Michel Sapin

Michel Sapin lors du dernier G7 de Dresde

Michel Sapin lors du dernier G7 de Dresde - Robert Micheal - AFP

L'institut de conjoncture a publié ce jeudi une batterie d'indicateurs rassurants. Pour le ministre des Finances, c'est désormais clair: "la reprise se diffuse".

La panne de croissance au deuxième trimestre a de bonne chance de n'être qu'une parenthèse. C'est tout du moins ce que semblent annoncer les statistiques publiées ce jeudi 27 août par l'Insee.

L'institut de conjoncture a ainsi levé le voile sur deux indicateurs âprement suivis. Le premier est le climat des affaires qui permet de prendre le pouls de la confiance de l'ensemble des chefs d'entreprise. Cet indicateur a tout simplement atteint en août son plus haut niveau depuis l'été 2011, retrouvant par la même sa moyenne de long terme (100 points).

Concrètement, cela signifie que les chefs d'entreprises sont nettement plus optimistes quant à l'ensemble de leurs perspectives commerciales (stocks, carnets de commandes, production etc…).

"Ce qui est satisfaisant c'est de voir que quasiment tous les secteurs d'activité participent à cette amélioration, même le bâtiment qui est le secteur d'activité le plus déprimé", observe Hélène Baudchon , économiste chez BNP Paribas.

Détail technique qui compte, l'Insee souligne que l'indicateur de retournement" pour l'ensemble de l'économie est dans la zone favorable". En clair, cela signifie qui si la dans la conjoncture venait à changer d'orientation, elle s'embellirait puisque cet indicateur est construit de sorte à détecter les tournants.

Des données à prendre "avec des pincettes"

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, l'Insee a également publié les résultats de son enquête sur l'investissement dans l'industrie manufacturière.

Le principal enseignement est que les chefs d'entreprise prévoient désormais d'augmenter de 2% leurs investissements sur l'ensemble de l'année 2015. Certes ce chiffre est nettement moins réjouissant que celui de la dernière enquête d'avril, lorsque les sondés tablaient encore sur une hausse impressionnante de +7% sur l'ensemble de l'année. Mais il confirme que l'investissement, qui a souvent été le parent pauvre de la croissance tricolore, devrait connaître des jours meilleurs.

"Le résultat de l'enquête sur les investissements dans l'industrie reste positif. Il ne faut toutefois pas le prendre pour argent comptant tant ces prévisions d'investissement peuvent être fluctuantes, faute de visibilité, rappelant combien il est difficile de prévoir l'investissement", relativise Hélène Baudchon.

La Chine comme risque

Dans tous les cas, Michel Sapin préfère voir le verre à moitié plein. Voire totalement plein. Le ministre des Finances a ainsi déclaré à l'AFP que les enquêtes de conjoncture publiée par l'Insee montrent que "la reprise se diffuse" et que la croissance nulle du deuxième trimestre a été "clairement temporaire".

Hélène Baudchon a plutôt tendance à partager l'opinion du ministre. "Au regard de ces chiffres, une amélioration est bien en vue au troisième trimestre ; un vrai mieux commence à se dessiner du côté du climat des affaires".

Elle signale toutefois que la prudence doit être de mise face à ces indicateurs avancés. "Ces résultats encourageants du mois d'août restent cependant à confirmer. Les inquiétudes suscitées par l'économie chinoise ont récemment gagné en intensité ; les places boursières ont de nouveau traversé une zone de grosses turbulences. C'est de nature à peser sur le climat des affaires en septembre", détaille-t-elle.

"Jusqu'à il y a quelques semaines, on pensait pouvoir dérouler le schéma de reprise avec un peu plus de confort mais on se retrouve aujourd'hui de nouveau confronté à un environnement très incertain".

Reste ainsi à savoir si ces indicateurs avancés sont un véritable signe avant-coureur. Pour le moment, la Banque de France table sur 0,3% de croissance au troisième trimestre. Dans sa dernière note de conjoncture l'Insee prévoyait elle aussi 0,3% pour le troisième trimestre, et 0,4% pour le quatrième.