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Le télétravail concerne déjà deux fois moins de salariés que pendant le confinement

Début août, seulement 15% des personnes en emploi en France continuaient à travailler à distance.

Début août, seulement 15% des personnes en emploi en France continuaient à travailler à distance. - StockSnap

Même si la situation sanitaire reste tendue, les salariés ont repris le chemin du bureau. Ils ne sont plus que 15% à travailler à distance, selon un sondage Yougov.

Par la force des choses, de nombreux salariés se sont mis à télétravailler dès le début du confinement. Une expérience nouvelle et appréciée pour nombre d'entre-eux, mais qui ne semble pas perdurer dans le temps.

En effet, selon une étude Yougov réalisée pour la société Cardiosens, que s'est procurée Les Echos, seulement 15% des personnes en emploi en France continuaient à travailler à distance début août. Trois mois auparavant, lors du confinement, elles étaient 27%. Le recul est encore plus marqué à Paris, où la part des télétravailleurs est passé de 45 à 22%, et en Ile-de-France de 39 à 14%.

Pour Mathias Matallah, président-fondateur du cabinet Medecine4I, cette baisse du nombre de télétravailleurs s'explique par la conjonction de deux facteurs. D'une part, les trois quarts des personnes déjà en télétravail y ont mis fin avec le déconfinement.

"Dans le même temps, les personnes sorties du chômage partiel ne sont passées au télétravail qu'à hauteur de 11 % au niveau national et de 20 % en Ile-de-France, explique-t-il aux Echos.

Un recul plus rapide du télétravail en France qu'au Royaume-Uni

L'étude, qui a été réalisée auprès de 4000 personnes résidant pour moitié en France et au Royaume-Uni, met en lumière une trajectoire différente outre-Manche. Là-bas, 35% des actifs ont pu télétravailler pendant le confinement et à la fin du mois d'août, ils étaient encore 29% à le faire.

Cet écart avec la situation s'explique en partie car davantage d'emplois sont éligibles au télétravail. Notamment avec le secteur financier qui représente 2 millions d'emplois outre-Manche, contre 650.000 dans l'Hexagone.

"Le télétravail dépend de considérations bien davantage liées au niveau de qualification du salarié ou au type de structure dans lequel il travaille qu'à son état de santé personnel et à la nécessité d'éviter au maximum les interactions sociales", détaille au quotidien Damien Philippot, consultant pour Medecine4I.

Pas de régime spécial pour les salariés à la santé fragile

Car l'étude met en avant que les salariés "fragiles", qui devaient minimiser leur exposition au coronavirus, n'ont pas bénéficié d'un régime spécial pour les protéger. Certes, les travailleurs estimant appartenir à une population "à risque" ont été moins nombreux à se rendre à leur travail (17 %, contre une moyenne de 23 % pour l'ensemble des salariés). Mais les facteurs de risque objectifs n'ont pas forcément été pris en compte, souligne l'étude.

Ainsi, 24% des salariés obèses ont quand même dû se rendre au travail lors du confinement. Ceux atteints d'une affection de longue durée (cancer, diabète) ont été 22% à sortir de chez eux pour travailler. Mais ils restent plus longtemps en télétravail, car ces travailleurs fragiles étaient encore 27% à poursuivre le télétravail à l'heure du déconfinement.

Coralie Cathelinais