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Le secteur du recyclage en souffrance

Des déchets plastiques dans un centre de recyclage à Gardanne, près de Marseille, en novembre 2018 (photo d'illustration)

Des déchets plastiques dans un centre de recyclage à Gardanne, près de Marseille, en novembre 2018 (photo d'illustration) - Gérard Julien-AFP

Les entreprises du recyclage ont connu un ralentissement en France l'an dernier, après trois ans de croissance, affectées notamment par un manque de débouchés et des prix de revente en baisse pour la plupart des matières.

Selon le rapport annuel de la Federec, la fédération du secteur, le chiffre d'affaires du secteur a, pour la première fois depuis 2016, connu en 2019 une baisse de 5,9%, à quelque 8,5 milliards d'euros. La plupart des filières voient leur activité baisser fortement.

Pour 2020, quatre acteurs interrogés sur cinq prévoient une diminution de leur chiffre d'affaires, de l'ordre de 20% en moyenne.

"Malgré une activité toujours forte en 2019, notre profession connaît aujourd'hui une crise de débouchés très inquiétante dans certaines filières, qui pourrait venir mettre en péril l'avenir de nos entreprises", alerte François Excoffier, président de Federec.

Des filières comme les papiers-cartons ou les plastiques étaient même début 2020 "au bord de la rupture", avant l'arrivée de la crise sanitaire qui a suspendu une partie de leurs activités, souligne le dirigeant.

1200 entreprises

"La régulation des stocks sur les sites constitue une priorité et un défi pour les exploitants, confrontés quotidiennement au risque incendie et accidents d'exploitation", dit-il.

Certaines filières ont souffert aussi d'une baisse importante des cours des matières (métaux ferreux et non ferreux, papiers-cartons), quand d'autres ont résisté (déchets du BTP, bois, plastiques).

Federec réclame aux pouvoirs publics plus d'incitations réglementaires en faveur de l'incorporation de matières issues du recyclage dans les nouveaux produits.

La France compte 1.200 entreprises (des PME à 90%) et 2.400 établissements exerçant une activité de recyclage. En 2019, les effectifs (environ 30.800 personnes) ont diminué d'environ 1% par rapport à 2018, en lien avec le recul des tonnages collectés.

Hausse des investissements

Malgré leurs difficultés, les entreprises continuent d'investir dans des équipements pour se moderniser, insiste Federec, qui relève une hausse de 2% de l'investissement en 2019 à 625 millions d'euros.

Autre priorité pour le secteur, l'essor de solutions concrètes pour que les refus de tri puissent être pris en charge.

"Le tri génère des indésirables qui ne sont pas recyclables, mais peuvent être valorisés, notamment sous forme de CSR (+combustibles solides de récupération+) dans des chaudières industrielles ou des réseaux de chaleur urbain", au lieu d'être encore trop souvent éliminés, souligne le président de Federec. Plusieurs lois récentes prévoient le développement de ces activités.

OC avec AFP