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Le risque de faillites d'entreprises s'éloigne

Si le niveau de défaillance reste élevé dans presque tous les secteurs, le risque diminue.

Si le niveau de défaillance reste élevé dans presque tous les secteurs, le risque diminue. - Tim Samoff - Flickr - CC

Le nombre de défaillances d'entreprises secteur par secteur reste à un niveau élevé, mais le baromètre BFM-Pouey international montre que le risque se réduit et que les créations d'entreprises vont reprendre.

Un nouvel indicateur mesure la reprise au plus près de ceux qui font l'économie, et plus vite que l'Insee. Pour le créer, BFM Business s'est associé à Pouey International, le spécialiste de la relation client et du recouvrement de créance. L'entreprise traite depuis des années une énorme masse de données, qui lui a apporté une connaissance très fine du terrain. En analysant ces données, elle a mis au point un baromètre de la santé des entreprises secteur par secteur (Méthodologie ci-dessous). Contrairement aux statistiques de l'Insee, celles-ci donnent un aperçu en quasi-temps réel, puisque le baromètre publié ce lundi est basé sur les datas du mois de septembre.

Que nous enseigne-t-il ? D'abord, que trois secteurs, sur les douze qui composent l'économie française, vont bien: l'énergie, le service aux entreprises et le commerce de gros. D'autres sont clairement à la peine, pour des raisons que l'on connaît: l'hébergement, la restauration, et la construction, un secteur sur lequel les derniers chiffres laissent apparaître une embellie toute proche.

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Parce que ce baromètre dit aussi que l'amélioration macroéconomique est réelle. La note moyenne de l'économie française est aujourd'hui de 9,7/20. Certes, un enfant qui rentre avec une telle note sur son bulletin scolaire se fait tirer les oreilles. Mais là, à l'échelle du pays, la progression est remarquable. L'année dernière, la France pointait à 8,8. Un point de gagné en un an, c'est "remarquable" pour l'éditorialiste Emmanuel Lechypre.

Pas encore de mieux sur la trésorerie

Même si la note reste relativement basse, Pouey considère que l'amélioration sur le risque de défaillance des entreprises est palpable. Le risque uniquement. Parce que les données actuelles ne montrent pas encore de mieux sur la trésorerie.

Cette tendance est particulièrement prégnante dans le secteur de la construction, qui semble avoir touché le fond de la piscine avec un "nombre extraordinaire de défaillances ces derniers mois", illustre Benoît Piéchaud. "Enormément de clients nous ont contacté avec des besoins conséquents en couverture parce qu'ils étaient confrontés à beaucoup d'impayés". Bonne nouvelle: c'est justement dans ce secteur que le taux de défaillance se réduit le plus. Ce risque reste élevé, à 2,5%, mais il a baissé de 0,4% par rapport à la dernière période.

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"Nous sommes à un point de bascule", assure Benoît Piéchaud. C'est le moment où les entreprises vont transformer -ou pas- cette solidité qu'elles sont en train de retrouver, en investissement. Pour le moment, "elles se consolident, et on devrait voir une nette diminution du nombre de défaillances dans les prochains mois", souligne-t-il. Estimant que "le contexte macroéconomique est là, il n'y a pas de raison pour que ça ne s'améliore pas".

L'effet Uber sur les créations d'entreprises

Preuve de ce redoux, "on devrait bientôt voir beaucoup de créations d'entreprises", continue l'analyste de Pouey. "Comme dans les phases de reprise, c'est l'emploi qui redémarre en dernier, ici, ce sont les créations d'entreprises", ajoute l'éditorialiste Emmanuel Lechypre.

Seule exception: le secteur des transports, où l'effet "Uber" est spectaculaire. Le succès des entreprises de véhicules de tourisme avec chauffeurs a fait exploser le nombre de créations d'entreprises. Normal, puisque les Chauffeur-privé.com et autres Snapcar ne font travailler que des chauffeurs indépendants, qui ont l'obligation de s'immatriculer en tant qu'autoentrepreneurs auprès de l'Insee. Certes, il s'agit là de microentreprises. Mais elles sont de nature à participer à la reprise de l'économie française parce qu'elles poussent les acteurs traditionnels à se réinventer pour créer davantage de valeur.

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NOUVEAU BAROMETRE EXCLUSIF - La météo des secteurs Pouey international BFM business

Deux fois par an, Pouey international publiera en collaboration avec l’Observatoire BFM business une "météo des secteurs", véritable baromètre de la santé de "l’entreprise France". Jamais cet exercice n’avait été réalisé de façon aussi exhaustive, puisque quasiment toutes les entreprises françaises sont prises en compte. 

Douze secteurs seront systématiquement passés au crible, selon quatre critères : les deux premiers constituent un état des lieux de chaque secteur sur la période écoulée, à travers les statistiques de créations et de défaillances d’entreprises. Les deux autres ont pour ambition d’évaluer la santé future de chaque secteur à partir des dynamiques et des contraintes qui lui sont propres, mais aussi à partir des tendances macroéconomiques globales et des répercussions qu’elles peuvent avoir sur lui. Au final, chaque secteur obtient une note sur 20 qui synthétise sa performance.

N.G.