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Olivier Garnier (Banque de France): "le rebond est plus prononcé" que prévu

Sur BFM Business, le chef économiste de la banque centrale estime néanmoins que désormais la croissance va être plus lente, un point d'inflexion ayant été atteint.

C'est un message d'optimisme que s'est attaché à transmettre la Banque de France dans ses nouvelles prévisions de croissance. Pour 2020, la contraction du PIB a été revue à la hausse à -8,7%.

"C'est le constat fait par les 8500 entreprises que nous interrogeons, le rebond de l'activité que l'on a depuis la fin du confinement est plus prononcé que ce qu'on attendait et qu'attendait les chefs d'entreprise", commente sur le plateau de Good Morning Business, Olivier Garnier le chef économiste de la Banque de France.

"Au plus bas, on était à l'étage -32, on est revenu en août selon notre estimation à -5, donc on a fait 27 étages en 5 mois à peu près", poursuit le responsable qui met en avant "les politiques économiques de soutien (...). Les entreprises ont pu avoir de la trésorerie et puis du côté des ménages, il y a eu des mécanismes massifs de soutien des revenus qui ont permis le retour à la normale de la consommation de produits".

Encore 5 étages à remonter

Pour autant, Olivier Garnier entend également afficher une certaine prudence sur la suite de la reprise: "un point d'inflexion" de la reprise en V a été atteint. "La croissance nécessairement va être plus lente", ajoute-t-il.

"Pour faire les 5 derniers étages, pour revenir à l'étage zéro, on met plutôt 18 mois, début 2022. Ca veut dire qu'on va mettre 18 mois pour faire ce chemin là sur des rythmes de croissance (...) autour de 3%", souligne Olivier Garnier qui explique que le "+7,4% qu'on affiche pour 2021, il est essentiellement acquis par le fait qu'on a remonté plus vite les 27 premiers étages".

Concernant l'emploi, le chef économiste avance que "la baisse n'est pas terminée" avec 800.000 pertes attendues au total qui continueront début 2021. Mais si le rebond se confirme, Olivier Garnier estime le gain à 700.000 emplois "sur deux ans".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business