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Le Medef exige une réouverture des commerces non-essentiels dans 15 jours

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, le 10 janvier 2020

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, le 10 janvier 2020 - CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Dans une interview au Parisien, son président Geoffroy Roux de Bézieux prévoit "beaucoup de faillites" dans cette période si cruciale pour de nombreux commerçants.

Douche froide et injustice, tel est le sentiment de Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, suite aux annonces de reconfinement pour au moins 4 semaines et la fermeture des commerces non essentiels.

Dans une interview au Parisien, le patron des patrons assène: "Il y a un sentiment d'injustice très fort chez les entrepreneurs: les contaminations ont lieu dans la sphère privée et ce sont les entreprises, et donc les salariés, qui sont pénalisées".

"Ce qu'il faut maintenant, c'est discuter avec les professionnels pour voir comment fonctionner le plus normalement possible avec le Covid", ajoute Geoffroy Roux de Bézieux qui rebondit sur les déclarations d'Emmanuel Macron qui prévoit d'examiner la question des commerces non-essentiels d'ici 15 jours.

"On devrait perdre en novembre entre 50 et 75 milliards de PIB"

"Le président de la République a ouvert une porte (...) Il faut que tous les secteurs fermés à partir de jeudi soir aient la possibilité, ce qui n'a pas été fait sérieusement jusqu'à présent, de discuter pour pouvoir rouvrir. Trouvons des solutions pour rouvrir les commerces dans les 15 jours. Sur ce point, le Premier ministre ne nous a pas entendus. Le conseil scientifique ne dit pas que les contaminations ont lieu dans les commerces bien au contraire. Les masques sont portés, les clients se lavent les mains à l'entrée et à la sortie".

Reste que le dirigeant du Medef prévoit des conséquences économiques dramatiques: "Ce que je peux vous dire, c'est que ces mesures de confinement sévères vont provoquer un choc économique important. Avec la fermeture des commerces et des restaurants, et 'l'effet halo' sur le reste de l'économie, on devrait perdre en novembre entre 50 et 75 milliards de PIB. L'impact sera très fort. Quel que soit le niveau des aides gouvernementales, il y aura beaucoup de faillites et notamment parmi les 330.000 entreprises du secteur du commerce qui font l'essentiel de leur activité entre le 1er novembre et 15 décembre. Les dégâts seront très importants".

Et de regretter que "dans l'ordre des priorités déroulées par le président de la République, la protection de l'économie arrive en dernier".

Même si "les mesures de soutien sont à la hauteur", Geoffroy Roux de Bézieux prévient: "Je veux bien croire que confinement va stopper l'épidémie et que l'on déconfinera avant les fêtes de Noël, mais on va reconfiner en mars pour affronter la troisième vague. On ne peut pas confiner et déconfiner en permanence, sinon des centaines de milliers d'entreprises vont disparaître".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business