BFM Business

Le FMI bien plus pessimiste que le gouvernement pour la croissance en 2021

l'économie française devrait ralentir fortement cette année, avec une croissance limitée à 0,4%, après 1,7% l'an dernier.

l'économie française devrait ralentir fortement cette année, avec une croissance limitée à 0,4%, après 1,7% l'an dernier. - -

Alors que Matignon table sur une reprise de 8% l'an prochain, le Fonds monétaire international ne prévoit que +6% après une récession de -9,8% cette année.

La reprise en zone euro et en France sera bien plus lente que prévu, et bien moins forte que ce que prévoit le gouvernement, selon les dernières estimations du FMI.

Alors que Matignon table sur une reprise de +8% l'an prochain (+7,4% pour la Banque de France), le Fonds monétaire international ne prévoit que +6%, soit 1,3 point de moins que sa précédente estimation. Seules les prévisions pour cette année sont en ligne, puisque le gouvernement estime que la récession sera de -10% et le FMI de -9,8%.

Rappelons que le gouvernement a construit son budget 2021 autour de ces +8% en comptant notamment sur le plan de relance de 100 milliards d'euros pour gagner 1,5 point de PIB l'an prochain.

Tout en précisant que "cette prévision est soumise à des aléas importants" à cause de l'évolution sanitaire, avec pour corolaire que "le dynamisme de la consommation est incertain".

A +6%, la croissance française serait néanmoins supérieure à celle de l'Allemagne (+4,2%) et de l'Italie (+5,2%) et de la zone euro dans son ensembe (+5,2%) mais inférieure à celle de l'Espagne (+7,2%). Elle ferait jeu égale avec le Royaume-Uni (+5,9%).

En Chine, la reprise sera très forte

La reprise aux Etats-Unis a également été revue à la baisse avec +3,1% contre +4,5% prévu en juin. La Chine verrait son rebond atteindre l'an prochain 8,2%, sa meilleure performance depuis 10 ans.

Au niveau mondial, le Fonds monétaire international prévoit que le PIB mondial devrait croître l'an prochain de 5,2%, soit 0,2 point de moins que celui anticipé il y a quatre mois notamment à cause des graves difficultés auxquelles sont confrontées de nombreux pays émergents.

Pour cette année, comme prévu, le FMI se montre un moins pessimiste qu'en juin grâce à un rebond plus rapide qu'attendu des principales économies de la planète. L'organisation table désormais sur une contraction de 4,4% du produit intérieur brut (PIB) mondial, alors qu'il prévoyait une chute de 5,2%.

Le FMI souligne néanmoins qu'il s'agira de la pire crise subie par l'économie mondiale en temps de paix depuis la "Grande Dépression" des années 1930. "Vivre avec le nouveau coronavirus est un défi pas comme les autres, mais le monde s'adapte", a souligné son économiste en chef Gita Gopinath.

"Les pauvres sont en train de s'appauvrir avec près de 90 millions de personnes qui devraient basculer dans l'extrême pauvreté cette année", souligne Gita Gopinath, dans une note de blog. "Sortir de cette calamité sera probablement un processus long, inéquitable et très incertain. Il est essentiel que le soutien des politiques budgétaires et monétaires ne soit pas retiré prématurément."

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business