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Le FMI appelle le Liban à "sortir de l'impasse" sur les réformes

Kristalina Georgieva

Kristalina Georgieva - AFP

Dans un communiqué, la directrice générale de l'institution monétaire, Kristalina Georgieva, demande au Liban de "mettre en place un programme significatif pour redresser l'économie" du pays, deux jours après les deux explosions survenues à Beyrouth.

Après la "terrible tragédie" du port de Beyrouth, le Fonds monétaire international (FMI) a appelé jeudi le Liban à "sortir de l'impasse" sur les réformes réclamées par la communauté internationale et qui peinent à se concrétiser dans un pays en plein nauffrage économique.

"Le FMI explore toutes les voies possibles pour soutenir le peuple libanais. Il est essentiel de sortir de l'impasse dans les discussions sur les réformes essentielles, et mettre en place un programme significatif pour redresser l'économie", a estimé dans un communiqué la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

Le Liban en crise a initié des négociations à la mi-mai avec le FMI pour obtenir une aide financière, mais près de trois mois plus tard le processus est au point mort. Le pays connaît depuis plusieurs mois une dépréciation inédite de sa monnaie, une flambée des prix, des licenciements à grande échelle et des restrictions bancaires draconniennes sur les retraits et les virements à l'étranger.

10 milliards de dollars espérés

C'est dans ce contexte déjà noir que s'est produit mardi une explosion meurtrière et dévastatrice dans le port de Beyrouth ayant fait au moins 137 morts et 5000 blessés, une catastrophe de trop pour des Libanais déjà éreintés par la crise. "Il est temps pour la communauté internationale et les amis du Liban de se mobiliser pour aider le pays en ce moment d'urgence", a souligné la directrice du FMI.

En déplacement à Beyrouth jeudi, le président français, Emmanuel Macron, a réclamé une nouvelle fois "des réformes indispensables dans certains secteurs". "Si ces réformes ne sont pas faites, le Liban continuera de s'enfoncer", a-t-il averti. Beyrouth espère obtenir une aide d'environ 10 milliards de dollars du FMI.

Le gouvernement libanais a adopté fin avril un plan de sauvetage économique visant à relancer la croissance et à assainir les finances publiques, mais les réformes, notamment dans le domaine de l'électricité, peinent à se concrétiser. Près de la moitié de la population libanaise vit dans la pauvreté et 35% de la population active est au chômage. Les difficultés économiques ont été un catalyseur du soulèvement fin 2019 contre une classe politique accusée de corruption et d'incompétence.

P.L. avec AFP