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Le chômage repart à la hausse en mai

La belle série de baisses s'est finalement arrêtées bien tôt

La belle série de baisses s'est finalement arrêtées bien tôt - Pascal Guyot - AFP

Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité a progressé de 9.200 au mois de mai. L'Insee table toutefois sur une inversion de la courbe pour la fin de l'année.

La belle série s'est finalement arrêté. Après avoir significativement reculé en mars (-60.000) et en avril (-19.900), le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (la catégorie A) est reparti à la hausse en mai. Il y a ainsi eu 9.200 chômeurs de plus sur le cinquième mois de l'année, selon les données de la Dares, la direction des statistiques du ministère du Travail.

Dans son communiqué, Myriam El Khomri attribue en moins en partie cette hausse aux grèves et aux mouvements, écrivant que "les divers événements du mois de mai ont pu impacter l'activité".

Au total, il y avait ainsi au total 3,520 millions de demandeurs d'emploi en catégorie A au mois de mai, soit 0,3% de plus qu'en avril et, certes, 1% de moins qu'un an auparavant.

Les hommes s'en tirent mieux que les femmes

Le gouvernement souligne au passage que le nombre de chômeurs seniors sans aucune activité baisse "pour le troisième mois consécutif ce qui ne s'était pas produit depuis huit ans". Sauf que si l'on regarde sur un horizon plus long, à un an, les plus de 50 ans sont les seuls à faire face à une hausse (+4,2%). À l'inverse, les moins de 25 ans sont ceux qui bénéficient de la plus forte baisse (-7,2%). Par ailleurs on note, toujours sur un an, que les hommes profitent plus de la baisse du chômage que les femmes (-1,5 contre -0,4%).

En comptant les catégories où les chômeurs exercent une activité réduite (B et C), le nombre de demandeurs d'emploi s'élève à 5,428 millions en hausse de 0,6% par rapport à mai.

Une inversion de la courbe, vraiment?

Voilà pour les chiffres du mois de mai. Mais à plus long terme l'optimisme semble prévaloir. "Les perspectives de croissance et de créations d’emploi pour 2016 sont positives", souligne d'ailleurs Myriam El Khomri, citant au passage les prévisions de l'Insee publiées la semaine dernière. L'institut de la statistique considère en effet que 219.000 emplois vont être créés sur l'ensemble de l'année. Cela doit permettre au taux de chômage de revenir à 9,5% à la fin de 2016 en France métropolitaine contre 9,9% actuellement. Autrement dit la fameuse inversion de la courbe du chômage, condition sine qua non pour que François Hollande puisse être candidat à sa propre succession, devrait bel et bien arriver.

Deux petits bémol toutefois. Tout d'abord une partie de ce bon chiffre est dû au plan pour l'emploi du gouvernement, qui retirerait 30.000 personnes du marché du travail. Ensuite, l'Insee précisait bien que ses prévisions économiques n'avaient pas pris en compte un risque important: le Brexit. Risque qui s'est désormais concrétisé ce vendredi et pourrait impacter la dynamique de la reprise tricolore. 

J.M.