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Cédric O estime que le bannissement de Trump sur Twitter "pose des questions"

Le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O, le 22 octobre 2020 à l'hôtel Matignon, à Paris

Le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O, le 22 octobre 2020 à l'hôtel Matignon, à Paris - Ludovic MARIN © 2019 AFP

Pour le secrétaire d'Etat au numérique ainsi que pour d'autres responsables politiques, la régulation du débat public ne doit pas être du seul ressort des plates-formes en ligne.

La suspension permanente du compte Twitter du président américain Donald Trump est justifiable mais "pose des questions fondamentales" sur la "régulation du débat public", a estimé samedi dans un tweet le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O.

"La fermeture du compte de Donald Trump par Twitter, si elle peut se justifier par une forme de prophylaxie d'urgence, n'en pose pas moins des questions fondamentales", affirme Cédric O.

"La régulation du débat public par les principaux réseaux sociaux au regard de leurs seuls CGU (conditions générales d'utilisation), alors qu'ils sont devenus de véritables espaces publics et rassemblent des milliards de citoyens, cela semble pour le moins un peu court d'un point de vue démocratique", poursuit le ministre.

Pour Cédric O, "au-delà de la haine en ligne, nous avons besoin d'inventer une nouvelle forme de supervision démocratique".

Inventer une nouvelle forme de supervision

La décision de Twitter, prise au nom d'un "risque de nouvelles incitations à la violence" de la part du président américain sortant, après l'attaque de centaines de ses partisans contre le Congrès à Washington, suscite de nombreuses réactions dans la classe politique française.

Marine Le Pen y a vu, en marge d'un déplacement au Portugal, un "véritable coup de force démocratique de la part de grands groupes privés qui considèrent aujourd'hui qu'ils ont plus de pouvoir, et c'est probablement vrai, qu'un État".

"On ne peut pas d'un côté, et à juste titre, condamner les atteintes à la démocratie qui ont lieu dans le cadre de l'intrusion au Capitole (...) et en même temps ne pas (...) condamner très fermement ces géants du numérique qui en réalité veulent directement influer sur la démocratie en décidant qui a le droit de parler", et portent une "responsabilité" "dans une "forme d'effondrement annoncé de la liberté d'expression", a ajouté la présidente du Rassemblement national.

"Résistons face au coup d'Etat des Gafa et à l'ère post-démocratique effrayante qu'ils sont en train d'instaurer. La défense des libertés, notamment numériques, sera un enjeu central de l'élection présidentielle !", a assuré dans un tweet le vice-président du RN Jordan Bardella.

Un autre eurodéputé du parti d'extrême-droite, Jérôme Rivière, utilisant lui aussi Twitter pour communiquer, fait remarquer que le compte du guide suprême iranien Ali Khamenei est toujours actif sur le réseau social et dénonce des "plateformes islamogauchistes aux relents totalitaires".

Pour le sénateur socialiste Rachid Temal, la décision de Twitter "pose la question du rôle et volonté de la puissance publique face à ces outils qui permettent le meilleur et pire" et demande l'instauration d'une "autorité interétatique".

Pour la député LREM Aurore Bergé enfin, "on peut combattre Trump et le chaos qu'il a entraîné mais refuser de se réjouir de voir les Gafa décider seuls, sans contrôle du juge, sans recours possible".

OC avec AFP