BFM Business

Lagarde prédit une reprise "instable" en zone euro, même avec un vaccin

Christine Lagarde a répété qu'une réponse "continue, puissante et ciblée" en termes de soutien monétaire reste nécessaire "au moins jusqu'à ce que l'urgence sanitaire passe"

Christine Lagarde a répété qu'une réponse "continue, puissante et ciblée" en termes de soutien monétaire reste nécessaire "au moins jusqu'à ce que l'urgence sanitaire passe" - Jim Watson- AFP

La planète s'accroche depuis lundi à l'annonce faite par les laboratoires Pfizer et BioNTech de tests prometteurs d'un vaccin "efficace à 90%".

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE) Christine Lagarde a averti mercredi que, même avec un vaccin contre le Covid-19, la reprise économique en zone euro risquait d'être "instable", dépendant du rythme de déploiement des traitements.

"Bien que les dernières nouvelles à propos du vaccin soient encourageantes, la reprise pourrait ne pas être linéaire, mais plutôt instable, sur un mode marche-arrêt", a déclaré Christine Lagarde à Francfort, en ouverture d'un forum annuel des banques centrales.

La planète s'accroche depuis lundi à l'annonce faite par les laboratoires Pfizer et BioNTech de tests prometteurs d'un vaccin "efficace à 90%" contre le Covid-19. L'UE envisage même des vaccinations dès le "premier trimestre 2021".

Les premières vaccinations dans l'Union européenne pourraient avoir lieu "au premier trimestre 2021", dans un scénario "optimiste", a affirmé mercredi à l'AFP la directrice de l'agence européenne en charge des épidémies.

Néanmoins, "nous pourrions encore faire face à des cycles récurrents d'accélération de la propagation virale et de resserrement des restrictions jusqu'à ce qu'une immunité généralisée soit atteinte", selon Christine Lagarde.

Muscler les mesures de soutien à l'économie

C'est pourquoi le principal défi pour les décideurs politiques "sera de combler le fossé jusqu'à ce que la vaccination soit bien avancée et que la reprise puisse créer sa propre dynamique", au-delà du rebond observé au troisième trimestre, a-t-elle insisté.

Christine Lagarde a répété qu'une réponse "continue, puissante et ciblée" en termes de soutien monétaire reste nécessaire "au moins jusqu'à ce que l'urgence sanitaire passe", en donnant quelques indices sur les instruments qui seront privilégiés.

Le programme d'urgence face à la pandémie (PEPP), lancé en mars par la BCE et désormais fort de 1350 milliards d'euros, de même que les vagues de prêts géants ciblés aux banques (TLTRO) "devraient rester les principaux outils d'ajustement de notre politique monétaire", a souligné la Française.

La BCE avait signifié fin octobre qu'elle se préparait à muscler, d'ici la fin de l'année, ses mesures de soutien à l'économie. L'institution de Francfort organise jusqu'à jeudi son forum annuel des banques centrales consacré aux grands enjeux monétaires et économiques

PS avec AFP