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La reprise est entre les mains des patrons

La poursuite de l'amélioration de la croissance française dépend en très grande partie de l'investissement des entreprises. Or celles-ci bénéficient de conditions financières optimales. Mais leurs dirigeants sont encore frileux…

C’est le principal aléa qui entoure le scénario de croissance de l’Insee pour le second semestre 2015 (actuellement fondé sur une croissance du PIB de 0,2% au troisième trimestre et de 0,4% au quatrième). Et bien évidemment pour 2016, même si l’Insee limite comme de coutume son horizon au 31 décembre de l’année en cours : les entreprises vont-elles ou non se remettre à investir?

Sur le papier, les conditions financières de la reprise de l’effort d’équipement sont largement réunies: le taux de marge a rebondi de façon presque spectaculaire, puisqu’il dépasse aujourd’hui 31%, contre 27,8% seulement au cours des trois premiers mois de 2012.

Des montagnes de cash

Depuis 2011, les entreprises françaises ont accumulé plus de 80 milliards d’euros de liquidités dans leurs caisses. Selon les comparaisons effectuées par les experts de Natixis, l’encours d’actifs liquides et monétaires détenus par les entreprises françaises (banques exceptées), avoisine 23% du PIB, le niveau le plus élevé de tous les pays d’Europe continentale.

Et c'est également en France que les entreprises sont le moins endettées, à hauteur de 75% du PIB seulement. Moins qu’en Allemagne, en Italie ou en Espagne. Et cette montagne de cash ne dort pas seulement dans les caisses des grands groupes. La situation des PME s’est elle aussi améliorée, tant sur le plan de la trésorerie que de la rentabilité, si l’on en croit les différentes enquêtes réalisées auprès des dirigeants, comme celles de la BPI (banque publique d’investissements) ou de la Banque Palatine.

Un seuil sans cesse repoussé

Alors qu’est ce qui coince ? Le niveau des carnets de commandes, d’abord, est meilleur, mais il n’a pas encore franchi le seuil au-delà duquel les dirigeants d’entreprise n’hésitent plus à sortir leurs projets des cartons. Le vrai problème, c’est qu’au fil des années, ce seuil n’a cessé d’être relevé sous l’effet des changements incessants de règles du jeu fiscales, juridiques, réglementaires orchestrés par les gouvernements successifs.

Des changements qui rendent de plus en plus hasardeuse l’évaluation de la pertinence d’un investissement à l’horizon de 3 ou 5 ans.