BFM Business

La France consacre 31% de son PIB aux dépenses sociales publiques, record du monde

La France consacre 31% de son PIB aux dépenses sociales, record du monde

La France consacre 31% de son PIB aux dépenses sociales, record du monde - BFM Business

La France reste la championne des pays riches des dépenses sociales. Et si leur poids à légèrement baissé depuis une dizaine d'années dans le monde, il devrait repartir à la hausse avec la crise du du Covid.

La France a consacré en 2019 31% de sa richesse nationale aux dépenses sociales publiques. Selon une étude de l'OCDE, le pays est parmi les 37 membres de l'organisation celui qui y a consacré la plus grande part de sa création de richesse.

La France surpasse ainsi la Finlande (29,1%), la Belgique (28,9%) et le Danemark (28,3%). Elle est loin devant ses voisins que sont l'Italie (28,2%), l'Allemagne (25,9%) et l'Espagne (24,7%). En moyenne, ces dépenses sont de 19,9% du PIB dans l'OCDE.

Lorsqu'on y ajoute les dépenses sociales privées, la France reste première au sein de l'OCDE avec l'équivalent de 32% de son PIB qui leur sont consacrés. Les dépenses sociales sont essentiellement publiques en Europe, c'est à dire financées par la fiscalité. A la différence des Etats-Unis où la protection sociale relève en grande partie des assurances privées. Ainsi, les dépenses sociales globales aux Etats-Unis représentent en réalité l'équivalent de 30% du PIB.

Ces dépenses sociales publiques comprennent les dépenses de redistribution aux ménages modestes et surtout les retraites qui représentent en France 13,6% du PIB en 2019, soit 44% de l'ensemble des dépenses sociales publiques totales.

Les 26 pays de l'OCDE qui ont consacré en 2019 la part la plus importante de leur PIB en dépenses sociales publiques
Les 26 pays de l'OCDE qui ont consacré en 2019 la part la plus importante de leur PIB en dépenses sociales publiques © OCDE

Un poids des dépenses sociale qui a tendance à baisser depuis une dizaine d'années après plusieurs décennies de forte hausse. Ainsi la France y consacrait par exemple moins de 10% de son PIB en 1960, 20% en 1980 et 27,7% en 2000.

"Au fil des ans, le vieillissement de la population a commencé à exercer une pression à la hausse sur les dépenses sociales avec la demande croissante de soins de santé et de soutien de revenu à la retraite, précisent les auteurs du rapport. En période de ralentissement les dépenses sociales augmentent avec le chômage et les prestations d'aide sociale. Par conséquent, les dépenses ont atteint leur plus récent pic avec la grande crise financière, lorsque les dépenses sociales publiques représentait 21% du PIB en 2009 en moyenne dans l'ensemble de l'OCDE."

Le poids des dépenses sociales en légère baisse

En France, le pic a été atteint plus tard, en 2015. Cette année-là, les dépenses sociales avaient grimpé jusqu'à 31,8% du PIB avant de commencer à légèrement reculer pour s'établir à 31%.

"Les contraintes budgétaires ont conduit de nombreux pays à resserrer les critères d'éligibilité pour accéder à l'aide sociale, à réduire la croissance réelle des prestations ou à privatiser les dépenses sociales en augmentant la part des employeurs dans le financement", explique le rapport.

Mais avec la crise du Covid, les dépenses devraient fortement repartir à la hausse même si les auteurs du rapport de l'OCDE ne peuvent pas encore l'estimer.

"Les demandes sur les systèmes de soins de santé ont évidemment augmenté, et un large éventail de soutiens sociaux ont été mis en place ou élargis pour aider les populations à faire face aux effets économiques de la pandémie, explique le rapport. La gamme des soutiens comprenaient l'introduction de programmes de travail à temps réduit, l'augmentation des dépenses les indemnités de chômage, les prestations d'assistance sociale et les fermetures d'écoles ont conduit certains pays à étendre les régimes de soutien du revenu pour le congé parental pour s'occuper des enfants."

Plus de dépenses donc un contexte de contraction historique des PIB devraient mécaniquement entraîner une croissance forte du poids des dépenses sociales.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco