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Relocalisation, neutralité carbone... L'industrie de la métallurgie formule ses propositions de relance

Un ouvrier de la métallurgie

Un ouvrier de la métallurgie - -

Un manifeste de propositions a été adopté lundi par l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM, patronat) et les syndicats CFDT, CFE-CGC et FO de cette branche.

Alors que l'annonce du plan de relance gouvernemental prend du retard, les acteurs de l'industrie métallurgique montent au créneau. Inquiets des conséquences de la crise sanitaire sur "l'emploi, les savoir-faire et compétences, le dynamisme et l'indépendance économique" de la France, l'UIMM (le syndicat patronal) et les syndicats CFDT, CFE-CGC et FO proposent "un plan de relance ambitieux pour l'industrie française", afin de "bâtir une industrie forte pour une France souveraine", expliquent-ils dans un communiqué commun.

Ces quatre organisations avaient déjà signé en mai "un premier manifeste appelant à des mesures concrètes pour préserver l'emploi et les compétences", rappellent-elles. Elles avaient également conclu fin juillet un accord de branche sur un dispositif d'activité partielle de longue durée dans la métallurgie.



Prônant des "mesures fortes et ciblées" pour relancer l'industrie, elles estiment que les propositions de leur manifeste permettront "de relocaliser en France des activités et produits indispensables à (sa) souveraineté industrielle, d'accélérer la transition écologique de l'industrie et de mener à bien la transformation de l'appareil productif notamment en termes de digitalisation et qualité de vie au travail".

Cinq axes et 23 mesures

Leur manifeste détaille "cinq grands axes et 23 mesures", comme la création d'un "fonds de relance pour l'industrie dédié à l'investissement productif, alimenté par la Caisse des dépôts, Bpifrance, les régions, des fonds bancaires, assurantiels, sectoriels et professionnels, voire par une souscription ouverte aux particuliers, ainsi que par le plan de relance européen".

Les signataires recommandent notamment de diminuer la valeur locative des bâtiments industriels et d'"exonérer de fiscalité locale les projets de relocalisation, d'extension d'activité industrielle, ainsi que les projets d'investissements verts".

Estimant que "le plan de relance doit être un levier pour atteindre l'objectif de neutralité carbone à horizon 2050", ils proposent entre autres de "soutenir les investissements de décarbonation des processus industriels de base".

Ils souhaitent également "un jeu plus collectif" entre donneurs d'ordre et fournisseurs, notamment en "privilégiant les entreprises implantées en France" lors des appels d'offres, "par exemple en y insérant des clauses environnementales, liées au critère carbone, ou des clauses sociales".

En outre, pour les signataires, "un dialogue social de qualité" devra "permettre de trouver des compromis constructifs" dans les entreprises.

Par Olivier Chicheportiche avec AFP