BFM Business

L'économie française résiste mieux à la deuxième vague

Selon la Banque de France, la croissance français devrait atteindre 0,3% au deuxième trimestre.

Selon la Banque de France, la croissance français devrait atteindre 0,3% au deuxième trimestre. - -

L'activité tricolore restait inférieure de 12% à son niveau d'avant-crise en novembre. Une chute toutefois moindre que celle observée en avril (-30%).

Un second confinement moins sévère pour l’économie française. Selon une note de conjoncture publiée par l’Insee ce mercredi, l’activité en novembre a été inférieure de 12% à son niveau d’avant-crise, après -4% en octobre. Un léger mieux par rapport aux premières estimations parues il y a deux semaines (-13%). Pour rappel, la chute observée en avril lors du premier confinement avait été beaucoup plus lourde avec une perte d’activité de 30%.

Il faut dire que le reconfinement décrété fin octobre par Emmanuel Macron diffère de celui du printemps avec des contraintes moins strictes et une durée raccourcie de dix jours, en supposant une levée de la plupart des mesures de restrictions de mobilité à la mi-décembre. "Il intervient également alors qu’une partie des activités économiques bénéficient de l’expérience acquise au printemps: lorsque le télétravail n’est pas possible, les protocoles sanitaires sont désormais rodés pour permettre le travail sur site, tant dans les usines que sur les chantiers", relève l’institut de la statistique.

Un rebond moins vif qu’à l’été en décembre

En décembre, un rebond devrait avoir lieu grâce à l’allègement des restrictions décidé la semaine dernière, mais il sera mécaniquement moins vif que celui observé en juin en raison d’une chute de l’activité moindre en novembre. Il serait par ailleurs atténué par des mesures de restrictions en partie prolongés jusqu’en janvier (fermeture des restaurants, des remontées mécaniques en station, etc.). Résultat, la perte d’activité se situera aux alentours de -8% en décembre par rapport au niveau d'avant-crise.

En outre, après une chute de l’activité économique de -18,9% au deuxième trimestre par rapport au quatrième de l’année dernière, le rebond de l’été avait permis de réduire cet écart à -3,7% au troisième trimestre. Mais la deuxième vague épidémique qui a déferlé au dernier trimestre 2020 va à nouveau creuser cet écart, de sorte que l’activité au quatrième trimestre sera in fine de 8% inférieure à celle de fin 2019.

Enfin, la forte progression du PIB au troisième trimestre par rapport au deuxième (+18,7%) laisserait place à une nouvelle baisse au quatrième trimestre, de l’ordre de -4,5%. Sur l’ensemble de l’année, le PIB tricolore est attendu en chute de -9% par rapport à 2020.

Une consommation en baisse de 14% en novembre

Après avoir chuté de 31% en avril par rapport au niveau d’avant-crise, la consommation a réduit l’écart à -3% en octobre, avant une nouvelle dégradation liée au reconfinement en novembre, à -14%. "De fait, les montants de transactions par carte bancaire ont fortement reculé dès la mise en place des mesures de confinement le 30 octobre et sont restés depuis lors autour d’un niveau relativement stable", note l’Insee, soulignant une fois de plus que la perte de consommation reste tout de même bien inférieure à celle enregistrée au printemps grâce au "caractère un peu moins contraignant du deuxième confinement" et à "la poursuite de la forte dynamique des ventes en ligne observée dès l’entrée en confinement".

Pour le mois de décembre, l’allègement progressif des mesures permettrait une reprise de la consommation qui resterait malgré tout de 6% inférieure à son niveau du quatrième trimestre 2019. Et pour cause, si la réouverture des commerces non essentiels, des musées et cinéma ainsi que l’autorisation des déplacements dès le 15 décembre stimuleront les dépenses de biens manufacturés, de carburant, de services de transport et de loisirs, "la restauration ainsi que l’hôtellerie conserveraient des niveaux de consommation très dégradés", poursuit l’Insee.

Au total, après un puissant rebond au troisième trimestre (+17,9% par rapport au deuxième), la consommation des ménages reculerait de 6% au quatrième trimestre. Sur l’année, elle chuterait de 7% par rapport à son niveau de 2019.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis Journaliste BFM Eco