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Julien Denormandie annonce qu'une loi Egalim 2 sera débattue à l'Assemblée nationale

Julien Denormandie, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, était l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV-RMC ce mercredi matin.

Faut-il imposer un prix minimum pour chaque produit agricole, supérieur au coût de production, pour permettre à chaque agriculteur de vivre décemment? "C'est ça qu'il faut faire", a déclaré ce mercredi matin le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, sur BFMTV.

Il y a déjà eu une première loi, la loi Egalim, elle a changé des choses, mais elle n'est pas allée jusqu'au bout. Nous venons de travailler (…) pour modifier cette loi. Il y a une proposition de loi, suite à tous ces travaux, qui sera débattue à l'Assemblée nationale à partir du mois de juin", a assuré le ministre, évoquant une "loi Egalim 2".

Il y a une "relation à trois" entre l'agriculteur, l'industriel et la grande distribution, or "souvent les relations à trois, ça se passe mal". Dans ce cas-là, "l'industriel et la grande distribution négocient entre eux sur le dos de l'agriculteur", résume le ministre. Cette nouvelle loi "va dire que le prix de la matière première agricole doit être préservé, ça doit être fait dans le cadre de contrats, avec de la transparence", a-t-il poursuivi.

Un "jeu de dupes"

Prenons un exemple très concret: je suis un éleveur de poules pondeuses. Le prix de l'aliment de mes poules a augmenté de 25% en 2020. Je me retourne vers la grande distribution et je leur dis 'j'aimerais bien que vous augmentiez le prix'. La grande distribution me répond 'j'aurais bien aimé, mais je ne suis pas sûr que si moi j'augmente le prix, l'industriel – celui qui met les œufs dans la boîte – va vraiment vous rétrocéder l'augmentation de prix que j'ai faite'. Et l'industriel va dire que la grande distribution n'a pas voulu [augmenter les prix]. Bref, il y a un jeu de dupes", a estimé le ministre.

Cette question du coût des matières premières était l'un des points saillants des discussions lors des dernières négociations commerciales, très tendues. Cette nouvelle loi "visera à préserver cette rémunération de l'agriculteur en changeant les règles du jeu au sein de cette relation commerciale, a précisé Julien Denormandie. On a tiré les leçons de ce qui ne marchait pas" dans la loi Egalim.

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV