BFM Eco

Jean Castex : "Nous allons décaler la mise en œuvre de l’assurance chômage"

Jean Castex

Jean Castex - BFMTV

Le nouveau Premier ministre a confirmé ce mercredi sur RMC et BFMTV que la réforme de l’assurance chômage prévue pour 2020 allait encore être décalée, et ses modalités révisées.

Tous les syndicats réclamaient son annulation, le Conseil économique et social demandait à l’Etat de revoir sa copie. La réforme de l’assurance chômage, qui prévoyait un durcissement des conditions d’accès aux allocations, va bien voir sa mise en œuvre repoussée, a confirmé le Premier ministre ce mercredi sur RMC et BFMTV.

"La réforme de l’assurance chômage, que j’approuve, elle a été faite au moment où la France avait l’un des faibles taux de chômage en Europe, en tout cas celui qui avait engrangé la plus forte baisse", a expliqué Jean Castex. Or vu les circonstances, "nous allons en décaler la mise en oeuvre". "On ne renie pas nos principes, mais on n’est pas des gens obtus (…) donc on adapte nos outils aux réalités".

Le premier volet de cette réforme, instauré en novembre dernier, imposait, pour avoir droit au chômage, de travailler 6 mois sur les 24 derniers (contre 4 sur 28 auparavant). Et pour recharger ses droits, il fallait désormais avoir retravaillé six mois et non plus un seul.

Des mesures pour l'emploi des jeunes

Le deuxième volet de cette réforme devait entrer en vigueur le 1er avril, mais au moment du confinement, le gouvernement avait décidé son report. Il prévoyait des allocations moins avantageuses pour les travailleurs alternant contrats courts et périodes de chômage.

Avant d’évoquer de nouvelles orientations de cette réforme et de celle des retraites, le nouveau premier ministre compte recevoir les partenaires sociaux un à un d’ici le 20 juillet, a-t-il indiqué au micro de Jean-Jacques Bourdin. Ils discuteront également de mesure pour l’emploi, notamment pour les jeunes qui vont débarquer à 900.000 sur le marché du travail en septembre.

Jean Castex promet ainsi "des dispositifs qui vont massivement renforcer leurs chances d’entrer dans un emploi". Et pour les actifs qui risquent de perdre le leur "on va essayer d’investir dans la formation, dans la transition écologique, dans la relocalisation industrielle", indique le chef du gouvernement.

"Tout l’art de la gestion de la crise qui est devant nous ça va être d’essayer d’en profiter pour investir dans le pays, dans l’avenir, et permettre aux gens de retrouver des emplois pas forcément là où ils étaient, tout en prenant soin de cette phase intermédiaire qui est plus humaine qu’économique. Ça va être mon obsession, comment faire en sorte qu’il n’y ait personne au bord du chemin".
Nina Godart
https://twitter.com/ninagodart Nina Godart Journaliste BFM Éco