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Zone euro : la BCE s’inquiète de «l'essoufflement de la dynamique» économique

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- - Daniel ROLAND / AFP

La Banque centrale européenne affirme néanmoins avoir des « instruments » pour y faire face, à commencer par les rachats d’actifs qu’elle a arrêté en fin d’année dernière.

Ce jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a revu son évaluation des risques à la baisse, reconnaissant « l'essoufflement de la dynamique » économique au sein de la zone euro. « Les risques entourant la croissance en zone euro se sont orientés à la baisse en raison de la persistance des incertitudes liées à des facteurs géopolitiques et à la menace du protectionnisme, à la vulnérabilité des marchés émergents et à la volatilité des marchés financiers », a expliqué Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE.

Jusqu’à présent, la BCE refusait de s’inquiéter officiellement des nuages sombres qui s’accumulent, malgré le ralentissement marqué de l'activité en Allemagne, en France et en Italie. Mais quelques heures avant cette conférence, l’indice PMI, qui mesure l’activité privée de la zone euro, est tombé à son plus bas niveau depuis juillet 2013, renforçant un peu plus les craintes sur les mois à venir.

Pas de hausse de taux « « jusqu'à l'été 2019 au moins »

Pour autant, « la probabilité d'une récession est faible » affirme Draghi. Il a surtout assuré que l’institution n’était « pas à court d'instruments » pour faire face à une nouvelle détérioration. Parmi ses « outils », les rachats d’actifs que la BCE a pourtant officiellement arrêté en fin d’année dernière. De nouveaux prêts géants aux banques sont aussi envisagés pour soutenir certaines structures, comme les banques italiennes. Quant aux taux directeurs, ils restent au plus bas et ne devraient pas bouger « jusqu'à l'été 2019 au moins. » Le mandat de Mario Draghi se terminant en octobre, il est possible qu’aucune hausse ne soit annoncée avant le changement de gouvernance.

Enfin, l’inflation continue d’être étroitement surveillée. Celle-ci a ralenti à 1,6% en décembre dernier. La BCE reste néanmoins optimiste dans son objectif d’atteindre les 2% dans la zone euro.

Une nouvelle réunion aura lieu en mars avec de nouvelles projections économiques. La prévision de la croissance de la zone euro en 2019, revue à la baisse en novembre dernier à 1,7% (au lieu de 1,8%) pourrait encore abaissée.