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Voiture autonome : vers une alliance géante en Allemagne ?

L'alliance des grands constructeurs et équipementiers allemands se voit comme futur poids lourd d'un marché qui pourrait atteindre 5500 milliards de dollars à horizon 2035.

L'alliance des grands constructeurs et équipementiers allemands se voit comme futur poids lourd d'un marché qui pourrait atteindre 5500 milliards de dollars à horizon 2035. - Hauke-Christian Dittrich / dpa / AFP

Les grands constructeurs allemands et plusieurs équipementiers réfléchissent à la création d'une alliance pour le développement de l'automobile autonome.

L'automobile du futur se construit autour de grandes alliances industrielles. Face aux sommes nécessaires pour développer l'électrification, l'électronique embarquée, l'autonomie et les nouvelles mobilités en général, plus aucun constructeur ne songe à rester isolé pour développer ses solutions de voiture autonome.

On se dirige donc vers de larges alliances entre constructeurs et équipementiers automobiles. L'enjeu : structurer un marché qui devrait atteindre les 500 milliards d'euros à horizon 2035, selon le cabinet de recherche A.T. Karney. Et c'est ce qui semble se dessiner du côté de l'Allemagne. L'hebdomadaire local Manager Magazin révèle que BMW, Volkswagen, Mercedes-Benz, l'équipementier Bosch et le fabricant de pneus Continental réfléchissent aux contours d'une alliance globale autour du sujet de l'autonomie. 

Partage des coûts indispensable

Si les trois derniers n'ont pas commenté la nouvelle, BMW reconnaît que plusieurs scénarios de coopération sont à l'étude, avec plusieurs autres entreprises intéressées. BMW travaille de son côté déjà à une plate-forme destinée à un futur engin autonome en coopération avec FIAT, ainsi que le géant des composants Intel.

Volkswagen, lui aussi, reconnaît des projets d'alliance. Déjà fort d'un budget pharaonique de 44 milliards d'euros destiné à la voiture du futur, le constructeur dit participer à plusieurs initiatives du genre, « avec différents scénarios économiques ». « Pour réussir dans ce domaine, il est nécessaire d'avoir un réseau de partenariats stratégiques, mais aussi des coûts de développement maîtrisés », déclare un porte-parole de Volkswagen. « Les sommes engagées sont très significatives, particulièrement pour développer l'autonomie » reconnaît-il.

Aspects politiques et stratégiques

Le géant allemand lui-même travaille à des coopérations stratégiques avec Ford dans différents domaines, notamment l'électrification et l'électronique. Mais preuve que les réflexions tous azimuts se poursuivent, l'annonce d'un partenariat avec l'américain sur ces sujets, qui devait être faite lors du Salon de Détroit il y a deux semaines, a été différée.

Mais outre les aspects économiques, d'autres considérations plus politiques vont rapidement rentrer en ligne de compte. S'il est tout à fait envisageable d'imaginer des coopérations poussées entre américains et japonais par exemple (cf. l'alliance General Motors/Honda), les choses sont différentes et plus compliquées sur le continent européen. 

L'ombre d'un cartel ?

Si elle se confirme, l'initiative 100% allemande en discussion pourrait définir de nouvelles orientations stratégiques dans le développement du marché de l'autonomie automobile, dépendant aussi largement de considérations réglementaires et d'aspects stratégiques. Les pouvoirs publics souhaitant que l'industrie européenne garde une forte souveraineté sur ses technologies, à l'image des initiatives de long terme sur les coopérations autour des batteries. Et autant les instances politiques peuvent voir d'un œil positif une telle initiative, autant elle pourrait se heurter à des considérations de concurrence... Voire des soupçons de cartel, qui visent régulièrement l'automobile allemande dans différents dossiers.