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Vers une crise de l'emploi dans le monde?

Pour la Banque mondiale, il y a une pénurie d'emplois.

Pour la Banque mondiale, il y a une pénurie d'emplois. - Patrick Stollarz - AFP

La population augmente. Pour la Banque mondiale, 600 millions d'emplois supplémentaires doivent être créés dans le monde d'ici 2030.

Si les perspectives sont moroses en France, cela semble être le cas partout ailleurs. La planète fait face à une crise de l'emploi généralisée qui menace les perspectives de relance de la croissance, a averti la Banque mondiale, mardi 9 septembre.

La Banque mondiale a dévoilé une étude sur l'emploi mondial à l'occasion d'une réunion des ministres du Travail et de l'Emploi du G20, en Australie. Celle-ci indique que 600 millions d'emplois supplémentaires doivent être créés au niveau mondial d'ici 2030 pour faire face à l'augmentation de la population.

"Il y a peu de doute qu'il y a une crise généralisée de l'emploi", a commenté Nigel Twose, directeur de la Banque mondiale chargé de cette question. "Comme l'indique clairement cette étude, il y a pénurie d'emplois, et d'emplois qualifiés".

Les inégalités salariales se creusent

Egalement préoccupantes, "les inégalités salariales et de revenus se creusent au sein de nombreux pays du G20 en dépit de progrès dans certains pays émergents comme le Brésil et l'Afrique du Sud", a ajouté Nigel Twose.

De manière générale, les créations d'emploi se portent mieux dans les pays émergents que dans les pays les plus avancés, grâce à des moteurs comme la Chine et le Brésil, mais les perspectives ne sont pas réjouissantes, a-t-il dit. "Les projections actuelles sont moroses. Des défis importants se profilent à l'horizon".

D'après le rapport réalisé conjointement avec l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), plus de 100 millions de personnes sont au chômage dans les pays du G20 tandis que 447 millions sont considérées comme des "travailleurs pauvres" vivant avec moins de deux dollars par jour.

La croissance économique devrait rester faible, tandis que la situation de l'emploi pèse sur la consommation et les investissements, indique l'étude. Les salaires réels stagnent dans de nombreux pays membres du G20, voire reculent dans certains.

D. L. avec AFP