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Theresa May promet des sanctions contre les chefs d'entreprises qui s'en "mettent plein les poches"

Theresa May ne signera pas un chèque en blanc pour renflouer Carillion.

Theresa May ne signera pas un chèque en blanc pour renflouer Carillion. - Jeff Mitchel - AFP

La Première ministre britannique dénonce les hauts dirigeants qui récoltent de gros bonus pour avoir placé le bénéfice à court terme avant le succès à long terme. Elle veut mettre en place au printemps de nouvelles règles.

Theresa May veut établir de nouvelles règles contre les chefs d'entreprises qui s'enrichissent au détriment de leurs salariés. "Au printemps, nous établirons de nouvelles règles rigoureuses pour les dirigeants qui essaient de s'en mettre plein les poches en mettant en péril les retraites de leurs travailleurs - un abus inacceptable auquel nous mettrons fin", écrit la Première ministre dans le journal The Observer.

"Trop souvent, nous avons vu des hauts dirigeants récolter de gros bonus pour avoir placé le bénéfice à court terme avant le succès à long terme. Nos meilleures entreprises savent que ce n'est pas une façon responsable de gérer une entreprise et ceux qui le font seront forcés de s'expliquer", poursuit Theresa May.

Ces déclarations interviennent après la révélation lundi de la retentissante chute du groupe Carillion, qui soulève l'inquiétude sur l'avenir des 43.000 employés dans le monde dont près de 20.000 au Royaume-Uni, ainsi que sur la viabilité des projets auxquels participait le groupe. 

Les actionnaires de Carillion paieront et non les contribuables

Carillion, dont le siège est à Wolverhampton (centre de l'Angleterre), croulait sous une dette de 1,5 milliard de livres (1,7 milliard d'euros) et sa situation financière s'était brutalement dégradée ces derniers mois, en raison de reports de chantiers, de difficultés dans l'exécution de contrats et de retards de paiement.

"L'Etat a aussi un rôle à jouer quand les choses tournent mal et les compagnies s'écroulent comme Carillion la semaine dernière", écrit Theresa May. Elle déclare toutefois qu'elle ne renflouera par l'entreprise en signant "un chèque en blanc" et que "ce seront les actionnaires de Carillion et non les contribuables, qui paieront"

Le gouvernement britannique a annoncé jeudi la mise en place d'une "task force" afin d'accompagner les entreprises et salariés affectés. Dans sa tribune, Theresa May défend l'action du ministre David Lindington, qui "a coordonné la réponse du gouvernement, agissant rapidement pour sauvegarder la continuité des services publics".

La rédaction avec AFP