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Sous-marins: le rappel des ambassadeurs français "marque la gravité du moment"

Pour protester contre la rupture du "contrat du siècle" par l'Australie au profit des Etats-Unis, la France a rappelé ses ambassadeurs à Washington et Canberra.

Tensions diplomatiques entre Paris et Washington. Après la rupture par l'Australie du gigantesque contrat de livraison de sous-marins français, au profit d'un partenariat stratégique avec les Etats-Unis, la France avait décidé de rappeler immédiatement "pour consultations" ses ambassadeurs à Washington et Canberra. Une première historique: une telle décision n'avait jamais été prise vis-à-vis de ces deux pays et alliés historiques.

Cette procédure est "exceptionnelle" et "marque la gravité de notre réaction et de ce moment dans notre relation avec les Etats-Unis", a déclaré ce lundi matin Philippe Etienne, ambassadeur de France aux Etats-Unis, au micro de RTL. L'ambassadeur explique avoir été reçu par le président de la République et le ministre des Affaires étrangères pour "évaluer la situation de nos relations" et "essayer d'en voir les perspectives".

Avec Emmanuel Macron, "nous avons analysé la situation et nous avons évoqué ce qui peut être fait par la suite", a poursuivi Philippe Etienne, précisant qu'il allait "continuer pendant [son] séjour en France à avoir ces consultations".

"Marquer la gravité de ce moment"

Être rappelé pour consultations "marque la gravité de ce moment, c'est tout à fait exceptionnel, a-t-il assuré. C'est une procédure qui a été choisie pour les ambassadeurs de France en Australie et aux Etats-Unis pour marquer cette gravité de l'ampleur de nos préoccupations, et aussi pour penser à la suite".

Les Etats-Unis savent que nous sommes un allié important" et "ne peuvent pas ne pas noter notre réaction", a noté Philippe Etienne, qui estime que cela pose la question de "l'importance que l'Europe représente pour notre allié américain". "Bien sûr, nous avons besoin des Américains en Europe, c'est le sens général de l'Alliance atlantique. Mais je crois que les Américains ont aussi le désir de travailler avec nous".

Jérémy Bruno Journaliste BFMTV