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Série de répliques au Chili, le bilan des morts incertain

Un enfant et ses parents quittant leur domicile après qu'une réplique de magnitude 6,6 a frappé la ville de Concepcion. Une série de fortes répliques a secoué vendredi le centre-sud du Chili, provoquant des scènes de panique une semaine après l'un des séi

Un enfant et ses parents quittant leur domicile après qu'une réplique de magnitude 6,6 a frappé la ville de Concepcion. Une série de fortes répliques a secoué vendredi le centre-sud du Chili, provoquant des scènes de panique une semaine après l'un des séi - -

par Terry Wade et Fabian Cambero CONCEPCION, Chili - Une série de fortes répliques a secoué vendredi le centre-sud du Chili, provoquant des scènes de...

par Terry Wade et Fabian Cambero

CONCEPCION, Chili (Reuters) - Une série de fortes répliques a secoué vendredi le centre-sud du Chili, provoquant des scènes de panique une semaine après l'un des séismes les plus puissants enregistrés depuis un siècle, qui a fait des centaines de morts dans la région.

Le gouvernement de la présidente sortante Michelle Bachelet, auquel on reprochait déjà une réaction trop lente au tremblement de terre de samedi dernier, a fait savoir qu'il révisait le bilan des morts parce qu'on y avait intégré par erreur de nombreux disparus qui s'étaient ensuite révélés vivants.

Beaucoup de personnes qui avaient survécu au séisme de 8,8 survenu le 27 février ont péri dans les heures suivantes, emportées par un tsunami massif. Des Chiliens s'en sont indignés en faisant valoir qu'aucune alerte n'avait été diffusée au sujet des vagues géantes qui allaient s'abattre sur le littoral.

La marine chilienne a reconnu qu'une panne avait affecté son système d'alerte au tsunami et a limogé vendredi le responsable de l'agence diffusant les alertes.

Dans la ville ravagée de Concepcion, dont la région a été ébranlée par sept répliques vendredi, des habitants ont quitté leurs logements ou sauté hors des véhicules où ils dorment depuis la destruction de leurs foyers.

La plus forte de ces répliques avait une magnitude de 6,6.

"Quelques pans d'immeubles déjà en mauvais état se sont écroulés, mais rien de grave", a dit à la radio locale le plus haut représentant du gouvernement dans la région de Bio Bio.

LE GOUVERNEMENT CRITIQUÉ

Le séisme de samedi a démoli ou gravement endommagé des centaines de milliers d'habitations, détruit des ponts et des autoroutes, fissuré des édifices modernes dans la banlieue de Santiago, détruit des cuves dans les vignobles réputés du pays et affecté ses mines de cuivre, les plus grandes du monde.

La marine a annoncé qu'il n'y avait pas de risque de nouveaux tsunamis après la dernière série de répliques. L'armée avait décrété un couvre-feu jusqu'en milieu de journée à Concepcion afin de prévenir les pillages.

Le gouvernement a indiqué que le bilan officiel des morts, qui s'élevait à 802 précédemment, était incertain parce que la confusion régnait au sujet des disparus. Des responsables ont dit avoir identifié 279 victimes, mais sans pouvoir indiquer de façon certaine combien de corps restaient à identifier.

Les deux principaux journaux chiliens rapportent vendredi que le gouvernement a révisé à la baisse le décompte des morts dans la région de Maule, qui passerait de 587 à 316.

Le caractère flou du bilan global a suscité de vives critiques à l'encontre du Bureau national des urgences, l'Onemi, que le président élu Sebastian Pinera s'est engagé à remanier.

Dans un blog publié sur le site internet du quotidien El Mercurio, l'ancien chef de l'Onemi, Alberto Maturana, qualifie de "comédie des erreurs" la gestion de la catastrophe. "L'agence n'a aucune validité pour l'opinion au moment où elle est censée être le plus crédible", écrit-il.

Les doutes risquent de persister autour du nombre des victimes, du fait qu'un nombre indéterminé de personnes ont été emportées par la mer au fil des tsunamis successifs et que certains corps ne réapparaîtront peut-être pas.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, est attendu vendredi à Concepcion et dans d'autres villes durement touchées. Il doit aussi rencontrer Bachelet et Pinera, qui prêtera serment le 11 mars lors d'une cérémonie où la discrétion sera de mise en raison de la catastrophe.

Avec Mario Naranjo et Alvaro Tapia; version française Philippe Bas-Rabérin