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Renault, Sanofi, Thales: qui pourrait profiter de l'élection de Trump?

La défense et la pharmacie sont les principaux gagnants de l'élection de Donald Trump

La défense et la pharmacie sont les principaux gagnants de l'élection de Donald Trump - Timothy A. CLARY / AFP

Alors que le futur pensionnaire de la Maison Blanche a promis d'importantes mesures protectionnistes, certaines entreprises françaises vont avoir un accès plus difficile au marché américain. D'autres, au contraire, vont pouvoir profiter du plan de grands travaux du candidat républicain.

En récoltant plus de 270 grands électeurs, Donald Trump a été élu mercredi 45ème président des États-Unis. Si ce vote ne fait pas que des heureux dans l’Hexagone, certains secteurs français se frottent tout de même les mains et pourraient tirer leur épingle du jeu de cette situation. Focus sur ces sociétés qui pourraient bénéficier de l’arrivée à la Maison Blanche du milliardaire américain, et sur celles qui pourraient en pâtir.

La pharmacie et la défense pourraient tirer leur épingle du jeu

Dans ce cas-là, on ne peut pas parler d’effet "Trump", mais plutôt d’effet "Clinton". Car, en échouant aux portes de Washington, la candidate démocrate n’a pas fait que des déçus. Au contraire. L’industrie pharmaceutique se frotte les mains de la défaite d’Hillary Clinton, qui souhaitait ardemment faire baisser le prix des médicaments. Une ambition en partie partagée par Donald Trump, mais qui est loin d’être sa priorité. Pour Pierre Schang, gérant chez Amilton Asset Management, "les dossiers français les plus à même de profiter de la réduction de la prime de risque liée à ce sujet sont sans doute Sanofi, Ipsen et Guerbet". Ces valeurs ont d’ailleurs bien réagi en Bourse mercredi, engrangeant respectivement 5,84%, 3,05% et 11,54%.

L’autre grand gagnant de l’élection de l’homme d’affaires américain pourrait être la défense. "Avec ses méthodes expéditives et son franc parler, le tempérament impulsif de Donald Trump pourrait générer des tensions avec d’autres pays notamment dans des zones en conflit tout en poussant certaines nations à renforcer leur arsenal (dont la Chine et la Russie par exemple)". Sur ce thème, le gérant estime que "Thales et Airbus semblent les dossiers hexagonaux les mieux positionnés pour engranger de nouveaux contrats militaires au cours des prochaines années".

Vallourec et Alstom pourraient profiter de l’effet "Trump", sous conditions

Le secteur pétrolier devrait profiter plus que d’autres de l'arrivée de Trump à la Maison Blanche, le magnat de l’immobilier souhaitant déréguler le marché de l’or noir afin d’exploiter au maximum les ressources présentes dans le sous-sol américain (pétrole de schiste notamment). "Alors que le nouveau président des États-Unis s’est ouvertement positionné comme désintéressé des problématiques écologiques, les acteurs français les plus exposés au développement de cette industrie outre Atlantique sont Imerys et Vallourec", souligne Pierre Schang. Pas sûr en revanche que toutes les entreprises françaises profitent pleinement de cette situation car Donald Trump pourrait être tenté de privilégier les acteurs américains du secteur comme Exxon ou Chevron au détriment de champions européens comme Total ou BP. De fait, l’industrie (para)pétrolière française, qui comprend également Technip et CGG, ne profiterait qu’à la marge de ce changement de présidence.

Même constat pour le secteur de la construction. Donald Trump a annoncé une enveloppe de 1000 milliards de dollars sur 10 ans pour développer les infrastructures du pays, ce qui représente plus de 0,6% du PIB national. Les français Rexel et Alstom sont dans ce cas les mieux placés pour profiter pleinement de ces dépenses, assure le gérant. Attention tout de même à ce que les entreprises américaines ne se taillent pas une trop grande part du gâteau.

Les possibles perdants: Renault et l’industrie automobile

Le secteur automobile pourrait être la grande victime de l’élection de Donald Trump. En effet, le prochain président américain souhaite imposer des droits de douane pour les véhicules produits au Mexique. "Le nouveau Président s’est fait élire sur une posture populiste prônant la protection des emplois américains via une politique de protectionnisme, en pointant du doigt au cours de sa campagne l’accord de libre-échange entre le Mexique et les États-Unis. Renault pourrait donc être pénalisé sur ce sujet car l’entreprise dispose d’importantes capacités de production au Mexique", explique Pierre Schang. Pour rappel, l’alliance Renault-Nissan a décidé d’investir en 2015 un milliard de dollars dans une co-entreprise au Mexique avec Mercedes-Benz afin de produire les véhicules de la marque haut de gamme de Nissan, Infiniti.