BFM Business

Près de 300 entreprises françaises rêvent de s'implanter en Iran

Le nord de la ville de Téhéran

Le nord de la ville de Téhéran - Apcbg - Wikimedia Commons - CC

De nombreuses sociétés tricolores lorgnent le marché iranien depuis la levée des sanctions internationales. Mais elles sont encore peu nombreuses à avoir franchi le pas.

Quelque 300 entreprises françaises souhaitant s'implanter en Iran ont été accompagnées par l'agence publique Business France depuis la levée des sanctions internationales contre ce pays en janvier 2016, a indiqué ce mercredi à Téhéran sa directrice.

"Les échanges sont repartis à la hausse. C'est lancé pour aller au moins au niveau d'avant les sanctions", a déclaré lors d'une conférence de presse Muriel Pénicaud, directrice générale de Business France et ambassadrice déléguée aux investissements internationaux.

Cette agence publique chargée d'accompagner les entreprises françaises à l'étranger et les entreprises étrangères en France a ouvert un bureau à Téhéran en septembre 2015, deux mois après la conclusion d'un accord entre les grandes puissances et l'Iran sur son programme nucléaire.

2.000 sociétés enthousiastes

Depuis, "plus de 2.000 entreprises françaises, en particulier les petites et moyennes entreprises (PME), ont montré enthousiasme et intérêt pour l'Iran", selon Muriel Pénicaud. Business France "a accompagné 300 entreprises sur le marché iranien" depuis la levée il y a 14 mois d'une partie des sanctions, consécutive à l'accord nucléaire.

Ces entreprises viennent de secteurs aussi divers que l'agroalimentaire, le pétrole, l'aéronautique, la construction ou les équipements sportifs.

Mais, reconnaît l'ambassadrice, "très peu ont fait une implantation" en Iran à ce jour, en partie pour une question de "temps". "Mettre en place toutes les conditions financières et techniques, c'est un, deux, trois ans" et "il faut trouver le bon partenaire" iranien.

La question du financement

En dépit des réticences des grandes banques internationales à travailler avec l'Iran par crainte de représailles des États-Unis qui imposent toujours des sanctions contre ce pays, Muriel Pénicaud juge que le financement des projets des PME, outre les garanties de l'État français, peut se faire par "l'important réseau des banques régionales" européennes, selon elle.

"Ce sont des banques moyennes, mais aussi robustes que les grandes", affirme Muriel Pénicaud, qui évalue "à une quarantaine" le nombre de ces banques européennes pouvant venir en Iran.

Depuis un an, les groupes automobiles Renault et PSA sont revenus en Iran, Airbus a vendu 100 avions et Total est en discussion pour d'importants projets pétroliers et gaziers.

Mais les échanges entre l'Iran et la France doivent s'inscrire dans une perspective "gagnant-gagnant" comprenant aussi l'implantation d'entreprises iraniennes dans l'Hexagone. "20.000 entreprises étrangères ont des filiales en France, 20 seulement sont iraniennes", essentiellement dans l'import-export, et "tout est à faire", selon Muriel Pénicault.

J.M. avec AFP