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Pourquoi le commerce mondial ne redémarrera pas après le déconfinement

Plus de la moitié des groupes français continuent d'exporter malgré la crise sanitaire

Plus de la moitié des groupes français continuent d'exporter malgré la crise sanitaire - AFP

La persistance de mesures protectionnistes et sanitaires va continuer à peser sur les échanges commerciaux. Ceux-ci devraient stagner à 10% de la normale au moins jusqu'à la fin de l'année, selon une étude d'Euler Hermes.

Le déconfinement ne permettra de retrouver le monde d'avant, ni en quelques jours, ni en quelques mois. Tout du moins en ce qui concerne le commerce mondial si l'on en croit les prévisions d'Euler Hermes.

Même si les économies des pays sortent petit à petit de leur sommeil, que les importations et les exportations reprennent, la persistance de nombreuses mesures protectionnistes dues à la crise (sur les produits médicaux, les produits agricoles...) pèsera fortement sur les échanges au moins jusqu'à la fin de l'année.

Ce à quoi il faut ajouter la résurgence des tensions entre les États-Unis et la Chine, sur fond d'accusations américaines sur le suivi chinois de l'épidémie.

Un coût de 2.400 milliards de dollars

Selon une étude d'Euler Hermes, "le commerce mondial pourrait rester inférieur à 90% de son niveau d'avant-crise, même après la levée des confinements et ne se redressera que progressivement au second semestre 2020".

Le confinement et les processus de déconfinement, qui ne sont pas coordonnés entre les différents pays, "pourraient coûter 2.400 milliards de dollars aux échanges de marchandises, soit l'équivalent d'une hausse simultanée des droits de douane de 17% dans tous les pays du monde", a encore évalué Euler Hermes. Cela signifierait un retour aux niveaux douaniers en place en 1994.

Par ailleurs, l'étude souligne que certains secteurs économiques très intégrés au niveau mondial pourraient encore souffrir de perturbations de leurs chaînes de production, en particulier dans le textile, les transports ou l'électronique.

La pire récession depuis 1945

Dans une précédente étude, l'assureur-crédit estimait que les échanges internationaux en valeur devraient reculer de 3.500 milliards de dollars cette année.

Rappelons que selon Euler Hermes, l’économie mondiale devrait enregistrer en 2020 la plus grave récession depuis la fin de la seconde guerre mondiale, avec une récession économique qui s’établira à -3,3% du PIB mondial (contre +2,5% en 2019). 

En valeur, il s’agit d’une perte pour l’économie mondiale de 9.000 milliards de dollars soit l’équivalent du PIB du Japon et de l’Allemagne cumulés. En comparaison, c’est deux fois plus que lors de la crise financière mondiale de 2009.

OC avec AFP