BFM Business

Porto Rico: la "Grèce des Caraïbes" a fait défaut

Le Porto Rico n'a remboursé qu'une infime partie des près de 60 millions d'euros de dette dont l'échéance était lundi.

Le Porto Rico n'a remboursé qu'une infime partie des près de 60 millions d'euros de dette dont l'échéance était lundi. - Christopher Gregory - AFP

L'archipel américain n'a pas honoré lundi un paiement de 58 millions de dollars que devait rembourser une agence gouvernementale. Moody's considère cet évènement comme un défaut.

L'Europe a la Grèce, les Etats-Unis ont le Porto Rico. L'archipel américain, en profonde crise économique, a fait défaut sur une partie de sa dette de 73 milliards de dollars en n'honorant pas un remboursement attendu lundi, a indiqué l'agence de notation Moody's. "Moody's considère cet évènement comme un défaut de paiement", a indiqué une vice-présidente de l'agence, Emily Raimes, dans un communiqué.

Parfois surnommé la "Grèce des Caraïbes", Porto Rico devait rembourser lundi quelque 58 millions de dollars de dette contractée par une agence gouvernementale mais n'en a remboursé qu'une infime partie (628.000 dollars). "C'est, selon nous, la première étape d'un défaut général (du territoire) sur sa dette", a ajouté la responsable de Moody's, assurant que Porto Rico n'avait pas les "moyens" d'honorer l'ensemble de ses échéances financières.

Dans un communiqué distinct, Melba Acosta Febo, le président de la banque porto-ricaine de développement, bras financier de l'île, avait assuré que le non-paiement reflétait "les graves inquiétudes" sur la crise de liquidités qui frappe le territoire.

Un statut hybride par rapport aux Etats-Unis

Les finances porto-ricaines ont été durement frappées par la fin, en 2006, d'un système d'exemption fiscale pour les entreprises qui a provoqué une récession économique et une flambée du chômage sur ce territoire au statut hybride, qui ne fait pas partie des 50 Etats américains. L'Etat fédéral a déjà exclu tout "sauvetage" financier de l'île qui s'expose désormais à des poursuites en justice de ses créanciers, pour la plupart des fonds de pension américains.

Contrairement aux villes américaines comme Detroit, Porto Rico n'a ainsi pour l'heure pas la possibilité légale de se déclarer en faillite pour restructurer sa dette à l'abri de ses créanciers. Une proposition de loi lui accordant cette possibilité a été déposée au Congrès américain mais elle est pour l'heure restée lettre morte.

"En cas de statu quo, sans un régime légal qui a déjà fait ses preuves, la solution des problèmes financiers de Porto Rico serait chaotique, longue et coûteuse pour Porto Rico mais plus généralement pour les Etats-Unis", a mis en garde fin juillet le secrétaire américain au Trésor Jacob Lew.

N.G. avec AFP