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Pascal Lamy (ex-OMC) dément lorgner la tête de la commission de Bruxelles

Pascal Lamy a notamment appelé à "rentrer dans la mondialisation".

Pascal Lamy a notamment appelé à "rentrer dans la mondialisation". - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L'ancien directeur général de l'OMC était l'invité de BFM Business, ce mercredi 12 mars. Il a notamment évoqué son avenir, réfutant les rumeurs qui l'envoient au gouvernement ou à la Commission européenne.

Bercy ou la Commission européenne? Pour le moment, en tout cas, aucun des deux. Invité de BFM Business, ce mercredi 12 mars, Pascal Lamy, ancien directeur général de l'OMC et ancien commissaire européen, a en effet coupé court aux rumeurs qui l'envoient à Bruxelles ou au ministère des Finances.

"J'ai 66 ans, j'ai bourlingué dans cette planète pendant 30 ans et j'ai plutôt envie d'aider mes compatriotes à voir le Monde, l'Europe autrement", a-t-il déclaré.

"J'ai envie de raconter [mon expérience] pour enfin recaler ce GPS français qui est actuellement bloqué, ce qui à mon sens est une des raisons pour lesquelles il est si difficile d'aller vers des réformes dans ce pays", a-t-il développé. "Je voudrais profiter de mon moment de liberté pour lutter à ma manière", a-t-il conclu.Pascal Lamy a également évoqué plusieurs autres sujets.

> Les "progrès formidables" de la mondialisation sur la pauvreté

"La mondialisation a, du point de vue de la justice sociale, fait des progrès formidables en réduisant la pauvreté. 700 ou 800 millions de personnes sont sortis de la pauvreté ", a fait valoir l'ancien directeur général de l'OMC. Mais Pascal Lamy a également reconnu que ce phénomène s'est accompagné "d'une augmentation des inégalités".

"J'ai toujours dit que la mondialisation avait des bons et des mauvais côtés", a-t-il bien souligné.

Mais "si nous voulons peser sur la mondialisation il faut rentrer dedans, il ne faut pas s'en détourner, la maudire, et essayer en permanence de pointer des bouc émissaires ailleurs que chez nous. C'est une attitude intellectuelle qui n'est pas la bonne", a-t-il prévenu.

> Un gouvernement "plus ramassé"

Alors que Jean-Marc Ayrault a affirmé vouloir un gouvernement "resseré", Pascal Lamy a déclaré que "l'idée d'une équipe gouvernementale plus ramassée me semble assez raisonnable d'autant plus que cela est plus facile à faire tourner".

> Pacte de responsabilité: arbitrer le long et le moyen terme

Pascal Lamy est également revenu sur les arbitrages sur l'exécutif liés aux baisses de charges du pacte de responsabilité. Le gouvernement étudie ainsi actuellement dans quelle mesure il doit favoriser les bas salaires, ou, au contraire, porter ces baisses sur l'ensemble des rémunérations.

"A moyen long-terme pour améliorer la compétitivité de la France il faut améliorer ses coûts et son système de développement de l'innovation", a expliqué Pascal Lamy.

"A moyen terme, il vaut mieux donc regarder les hauts salaires. A court terme, si on veut que des grands distributeurs puissent embaucher des personnes peu qualifiés, cela a du sens" de cibler les bas salaires, a-t-il poursuivi. "Il faut donc les deux", a-t-il conclu, estimant toutefois qu'il appartient "aux entreprises de déterminer comment il convient d'utiliser les baisses de charges.

> La Commission européenne

Arnaud Montebourg a récemment exprimé de vives critiques envers la Commission européenne, notamment sur sa politique de concurrence.

Pascal Lamy, lui,a considéré que "ce procès paraît inéquitable et un peu populiste même", rappelant que les règles de la politique de concurrence "sont dans le traité de Rome". S'il reconnaît que la Commission a déjà fait des erreurs par le passé, elle a depuis "fondamentalement revue ses méthodes d'appréciation".

J.M.