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Paris, l'une des métropoles les plus attractives du monde

Paris séduit les étudiants et les artistes mais a des progrès à faire pour attirer les dirigeants et créateurs d'entreprises

Paris séduit les étudiants et les artistes mais a des progrès à faire pour attirer les dirigeants et créateurs d'entreprises - PATRICK KOVARIK / AFP

Dans la compétition que se livrent les grandes capitales pour séduire les meilleurs talents, Paris se défend bien. Elle s'impose comme la 3ème ville la plus attractive pour les étudiants, 5ème pour les patrons, selon l'étude "Global Talent in Global cities".

Quels sont les points forts et les faiblesses de la métropole parisienne dans la course mondiale aux talents? La grande étude, publiée ce 27 novembre, par EY et Paris Ile-de-France Capitale Economique permet de mesurer l'attractivité de Paris quand il s'agit d'attirer et de retenir les étudiants, chercheurs, décideurs et créatifs. La stratégie de 44 métropoles a été passée en revue. Résultat, même si New York et Londres la devance parfois, la région Ile-de-France dispose d'atouts indéniables. 

>>Paris, 3ème ville la plus attractive pour les étudiants

Pour les 200 millions de jeunes qui suivent des études supérieures, Londres reste la destination numéro un devant Singapour, deux villes qui séduisent par leur melting pot culturel. Paris parvient à se hisser sur la 3ème marche du podium, grâce à la qualité de la vie étudiante et au coût relativement peu élevé des études. Les 96.782 étudiants internationaux qui ont choisi d’étudier en France l'an passé ont également été attirés par les opportunités de carrière et de rémunération offertes par la capitale. Des atouts qui, couplé au grand projet de Saclay, permettent à la région Paris Ile-de-France de devancer les campus américains réputés de New York, San Francisco, Boston et Los Angeles.

>>Paris, 3ème pour les classes créatives

Paris se montre assez douée pour séduire ce que l’étude appelle "les classes créatives". Il s’agit des scientifiques, ingénieurs, architectes, designers, les artistes, une catégorie qui recherche avant tout le dynamisme culturel et technologique à Paris, même si là encore, beaucoup regrettent un écosystème entrepreneurial trop peu porteur. Ce point les poussent à se tourner davantage vers Londres et New York, deux villes très cosmopolites et ouvertes sur le monde.

La grosse pomme, avec son intense activité culturelle et son environnement qui favorisent les activités d’avant-garde, reste la destination préférée de ceux qui ont la fibre artistique. Pour s'établir, ces classes créatives recherchent un idéal, les 3 T : technologie, talent et tolérance.

>> Paris, 5ème ville pour les dirigeants d’entreprise

Faire de la France une terre d'accueil pour les décideurs économiques a été l’un des cheval de bataille de François Hollande, conscient du retard du pays sur ce terrain. Un retard confirmé par l’étude EY. Paris n'est que le 5ème choix des entrepreneurs qui décident de s'expatrier.

L'expatriation est motivée par les opportunités de carrière, le niveau de rémunération et le traitement fiscal, 3 critères sur lesquels Paris n’est pas aussi compétitive que Londres. La capitale financière européenne est la première destination des décideurs économiques à l'échelle mondiale.

Tous plébiscitent le caractère international, libéral et accessible de la ville autant que ces incitations fiscales. Le Maire de Londres, Boris Johnson, n'hésite pas à s’impliquer personnellement pour assurer la promotion de sa ville. Malgré tout, le Grand Paris possède des atouts comme la diversité de son économie et la concentration de sièges mondiaux dans des secteurs historiques comme l’énergie, le luxe ou les transports.

>>Paris, 6ème pour les chercheurs et les start-upeurs

Sur ces deux catégories qui incarnent l’avenir, Paris est mal placée face aux autres grandes métropoles. La France, en baissant depuis plusieurs années ses dépenses publiques en R&D renvoie une image négative aux chercheurs. Autre handicap, la rémunération: on constate un écart de 45% entre les salaires de chercheurs en France et aux Etats-Unis. Boston fait rêver les scientifiques pour la puissance de sa recherche universitaire et privée et sa concentration record de Prix Nobel.

Pour les 400 millions d’entrepreneurs, l’eldorado se trouve dans la Sillicon Valley . C'est sans surprise la ville la plus attractive en terme de création de start-ups par an et levée de fonds. Londres concentre également beaucoup de talents grâce à sa fiscalité ultra-compétitive, loin devant Paris qui n’arrive qu’au 6ème rang. Marc Lhermitte, l'auteur de l’étude explique que « si l’écosystème d’innovation francilien n’a objectivement rien à envier à celui de Londres, seuls 4% des investisseurs internationaux estiment que Paris Ile-de-France est en mesure de faire émerger le prochain Google, contre 12% pour Londres et 22% pour Shanghaï. » Pour s'implanter, les start-upeurs cherchent en priorité un environnement d’émulation, une culture de l’innovation et l’accès au financement.

Charlyne Legris