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OMC: les Etats-Unis ne soutenaient pas Azevedo

Le siège de l'Organisation mondiale du commerce à Genève en Suisse.

Le siège de l'Organisation mondiale du commerce à Genève en Suisse. - -

Un nouveau patron de l'OMC, Roberto Azevedo, désigné ce mercredi 8 mai, ne bénéficiait pas du soutien des Américains. Vu des Etats-Unis, le Brésilien est jugé un peu trop protectionniste.

L'Organisation mondiale du commerce a un nouveau directeur général ce 8 mai. Le Brésilien Roberto Azevedo a finalement emporté la succession du Français Pascal Lamy face à l'autre finaliste, préféré par les Etats-Unis et l'Europe, le Mexicain Herminio Blanco.

Les Américains connaissent bien Roberto Azevedo. C'est peut-être pour cela d'ailleurs, qu'ils n'étaient pas très emballés par sa candidature. Tous se souviennent de l'année 2004, quand les Etats-Unis ont été condamnés pour la première fois à l'Organisation mondiale du commerce pour une histoire de subventions à l'industrie du coton.

A cette époque, une plainte du Brésil avait été déposée par Roberto Azevedo. Il a en outre été, à plusieurs reprises, le fer de lance de la lutte contre les subventions agricoles américaines et européennes.

Le pouvoir aux mains des techniciens de l'OMC

De fait, Outre-Atlantique, c'est le candidat mexicain qui avait la faveur des autorités. Le président américain Barack Obama était même allé le soutenir implicitement à l'occasion d'une visite à Mexico la semaine dernière.

Cela dit, il est communément admis aux USA que le pouvoir, à l'OMC, ne réside pas forcément dans les mains de son directeur général. Il est plutôt dans celles des panels et des techniciens qui prennent les décisions au jour le jour.

A moins que l'Organisation entame un nouveau cycle de négociations globales sur le commerce mondial, ce que n'était pas parvenu à faire Pascal Lamy. Auquel cas, le nouveau patron de l'institution bénéficierait à priori du soutien des pays émergents et de la Chine, mais pas des Américains…

Jean-Bernard Cadier correspondant à New York