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OCDE : "Le coût du travail allemand pénalise la compétitivité en Europe"

Jose Angel Gurria reconnaît que l'avenir immédiat de la zone euro n'est pas rose mais elle en sortira renforcée

Jose Angel Gurria reconnaît que l'avenir immédiat de la zone euro n'est pas rose mais elle en sortira renforcée - -

Jose Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, était invité du Grand Journal ce 27 novembre sur BFM Business. Il y a donné les clefs de la reprise européenne selon son Organisation.

L’OCDE est de plus en plus pessimiste sur la croissance en Europe. A l’occasion de la publication de son rapport semestriel ce mardi, l’Organisation a revu à la baisse ses prévisions. Elle considère désormais que la zone euro entrera en récession plus profonde dès cette année, et que la reprise n’aura lieu qu’en 2014. Pourtant, malgré le recul du PIB européen, 2013 sera une année constructive, de "consolidation" pour l’Europe, s’enthousiasme le secrétaire général Jose Angel Gurria au micro d’Hedwige Chevrillon dans le Grand Journal.

D’abord, si la reprise sera plus lente que prévu, ce n’est pas seulement la faute de l’Europe. Jose Angel Gurria constate ainsi un "ralentissement de la croissance aux Etats-Unis", mais aussi des "locomotives de l’économie" que sont la Chine, l’Inde et le Brésil où le commerce s’est pratiquement arrêté ces derniers mois.

Il donne une autre raison aux difficultés rencontrées par certains membres de la zone euro : le coût du travail... allemand ! Le secrétaire général de l'OCDE explique que l'Organisation a étudié l'évolution des salaires européens sur les dernières années. Elle a constaté des hausses en Espagne, en France, en Italie, au Portugal. Mais en Allemagne, "la courbe et restée plate", dénonce-t-il. C'est selon lui l'explication des "problèmes de compétitivité et de croissance du marché européen".

Plus personne ne parle de la sortie de la Grèce de la zone euro

"La sortie de crise rapide dont parle Hollande est un peu trop optimiste", souligne le secrétaire général de l’OCDE, qui n’est toutefois pas alarmiste. Il estime que l’Europe est sur la bonne voie, notamment grâce à l’accord sur l’aide à la Grèce conclu lundi soir. "Maintenant, il faut l’exécution" martèle-t-il.

Dans le cas du rachat annoncé de dette grecque privée, "l’intention ne suffit pas, insiste l’économiste, il faut avoir la liquidité, il faut que ce soit légalement faisable". En d’autres termes, "il faut monter que le bazooka est là, chargé, prêt à être utilisé si le marché devient volatile".

Jose Angel Gurria note par ailleurs des signes encourageants. Par exemple, rappelle-t-il "plus personne ne parle d’une sortie de la Grèce de la zone euro aujourd’hui". Et concernant l’échec des négociations sur le budget européen, le secrétaire général de l’OCDE n’envisage même pas une sortie de l’Angleterre du marché commun, "ni sérieuse ni réaliste", dit-il. Pour lui, le marché commun européen va même "s’élargir à l’avenir".

La recette de sortie de crise donc, pour Jose Angel Gurria : "favoriser les réformes structurelles et protéger les victimes de la crise au niveau social, aller vers plus d’écologie, moderniser et renforcer les institutions européennes". De ces épreuves, il en est convaincu, "l’Europe ressortira plus forte".

Nina Godart