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OCDE: la récession européenne menace l’économie mondiale

Le Château de la Muette à Paris, siège de l'OCDE.

Le Château de la Muette à Paris, siège de l'OCDE. - -

Le rapport annuel de l’institution, publié mercredi 29 mai, s’inquiète de l’impact de la déprime européenne sur la croissance mondiale. L’OCDE prévoit un enfoncement de la zone euro dans la récession en 2013.

La reprise de l’économie mondiale se révèle plus timide qu’espérée, et est menacée par la dégradation de l’économie européenne : c’est le constat que dresse l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) dans ses perspectives économiques annuelles.

Les experts de l’institution ont revu leurs prévisions de croissance à la baisse dans toutes les grandes économies, sauf pour le Japon. L’économie mondiale devrait connaître une reprise plus faible que prévue en 2013, avec une croissance mondiale de 3,1%, contre 3,4% attendus en novembre dernier.

Surtout, l’organisation s’inquiète du marasme européen. La faiblesse de l'activité pourrait se transformer en "stagnation, avec des conséquences négatives pour l'économie mondiale", écrit l'économiste en chef de l'OCDE, Pier Carlo Padoan, dans ce rapport.

L’OCDE annonce un enfoncement de la zone euro cette année : les 17 pays membres doivent perdre 0,6% de croissance en 2013, contre 0,1% anticipé jusqu’ici. Une reprise est bien prévue à l’horizon 2014, mais elle devrait rester modeste.

L'exemple du Japon

Le chômage record "reste le défi le plus sérieux auquel font face les gouvernements", note l’OCDE, basée à Paris. A contrario, les experts mettent l’emphase sur le Japon, qui connaît une amélioration "spectaculaire" depuis que sa banque centrale a adopté une politique monétaire volontariste, en faveur de l’emploi. Conséquences : les perspectives de croissance ont doublé sur l’archipel en 2013.

Devant les bons chiffres américains, l’OCDE encourage également la Réserve fédérale (FED) à poursuivre son soutien exceptionnel à l’économie. La FED injecte aujourd’hui chaque mois 85 milliards de dollars au sein de l’économie américaine grâce à sa politique d’assouplissement quantitatif mais hésite sur un arrêt progressif de son programme.

La BCE, appelée à faire plus pour la croissance

En somme, l’OCDE salue l’action des principales banques centrales en faveur de la reprise. Ce faisant, elle pointe le manque d'engagement fort de la Banque centrale européenne (BCE) et plaide pour un "assouplissement supplémentaire de la politique monétaire" menée par Francfort.

L’organisation souligne les marges de manœuvre dont dispose la BCE pour agir. Elle recommande de faciliter l’accession au crédit pour les entreprises et les particuliers, grâce à l’instauration d’un taux négatif pour les fonds placés par les banques européennes auprès de la BCE. Conséquence : les banquiers du Vieux continent seraient naturellement incités à prêter leur argent, plutôt que de payer pour le placer.

Romain Fonsegrives avec AFP