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L'OCDE ne voit pas de rebond pour la croissance française

Pier Carlo Padoan, chef économiste de l'OCDE, s'inquiète du décrochage des pays de la zone euro face à l'Allemagne

Pier Carlo Padoan, chef économiste de l'OCDE, s'inquiète du décrochage des pays de la zone euro face à l'Allemagne - -

Dans son rapport publié ce jeudi 28 mars, l'OCDE indique que le PIB français devrait reculer de 0,6% en rythme annuel au premier trimestre, et progresser de 0,5% au deuxième trimestre. Elle appelle par ailleurs à la souplesse pour la réduction des déficits.

C'est un peu un message envoyé à François Hollande quelques heures avant son intervention télévisée sur France 2, ce jeudi 28 mars. Après l'Insee mercredi, l'OCDE exprime ses doutes quant à une reprise solide pour la France sur les six premiers mois de 2013.

"L’économie française devrait connaître une contraction de 0.6 % [sur un an, ndlr] au premier trimestre, suivie d’un rebond de 0,5 % au second", écrit ainsi l'institution internationale.

Autre mauvaise nouvelle pour le président de la République, l'OCDE indique clairement entre les lignes qu'inverser la courbe du chômage ne vas pas être une mince affaire. " La faiblesse de la croissance et le manque de confiance compliqueront sans doute les efforts visant à réduire les taux de chômage actuellement élevés dans une bonne partie de l’Europe", écrit-elle dans le communiqué accompagnant son "rapport intermédiaire sur l'économie des pays du G7".

Respecter le déficit structurel mais pas nominal

Cependant, l'institution basée à Paris va dans le sens du gouvernement Ayrault sur un point : la souplesse dans la réduction des déficits. Dans son rapport, Pier Carlo Padoan, chef économiste de l'OCDE, explique qu'"en Europe il faudra sans doute attendre un peu plus longtemps pour connaître une reprise significative".

Concernant la zone euro, il ajoute que les efforts de déficit doivent être respectés, "tout en permettant aux stabilisateurs automatiques de fonctionner pleinement". "Cela implique de ne pas respecter les objectifs de déficit nominal", conclut-il.

L'Exécutif français a récemment mis en avant ses efforts sur le déficit structurel (déficit hors effets dus à la conjoncture) pour faire oublier le report de l'objectif de 3%, de 2013 à 2014. L'OCDE va donc, là aussi, dans le sens de Paris, écrivant que "les engagements actuels en faveur d'un assainissement budgétaire structurel doivent être respectés".

Les pays de la zone euro décrochent face à l'Allemagne

Pier Carl Padoan s'inquiète aussi du décrochage des pays de la zone euro face à la locomotive allemande. L'Allemagne devrait ainsi connaître une croissance annualisée de 2,2% au premier trimestre, puis de 2,6% au deuxième. "Au sein de la zone euro, on constate de nouveau une divergence entre la croissance en Allemagne", résume l'OCDE.

Mais, dans un entretien à l'AFP, Pier Carl Padoan a souhaité envoyer un message d'optimisme à l'intention de l'union monétaire."S'il n'y a pas de crise majeure la zone euro va améliorer de manière importante ses performances. Elle renouera en 2015 avec des rythmes de croissance soutenus. C'est important pour l'emploi, qui est le problème le plus grave aujourd'hui", a-t-il expliqué à l'agence.

En dehors de l'Europe, l'institution adopte un ton plutôt optimiste : "L'économie mondiale a connu un nouvel accès de faiblesse à la fin de 2012, mais l'activité se redresse actuellement dans nombre de grandes économies".

Julien Marion