BFM Business

Nouvelle réglementation bancaire: Michel Barnier attend les explications des Etats-Unis

Michel Barnier refuse pour le moment de revoir le calendrier devant mener à l'application de Bâle III

Michel Barnier refuse pour le moment de revoir le calendrier devant mener à l'application de Bâle III - -

Le Commissaire européen a expliqué, sur BFM Business, attendre les explications de la Fed, équivalent de la banque centrale américaine, après le report outre-Atlantique de l’application des règles dites de Bâle III.

Les Banques américaines avaient eu gain de cause.Les régulateurs états-uniens ont repoussé l’application des règles dites de Bâle III, qui devait intervenir début 2013, pour préserver le secteur bancaire américain.Ces règles imposent notamment aux banques d'augmenter leurs capitaux propres pour faire face à leurs risques, et éviter une faillite désordonnée.

Inquiètes, les banques européennes ont écrit le 21 novembre dernier à Michel Barnier,commissaire européen en charges des services financiers et du marché intérieur, pour demander elles aussi un report de Bâle III, d’un an (à 2014), et éviter des éventuelles distorsions de concurrence.

Invité dans l'émission Le Grand Journal de BFM Business, Michel Barnier ne compte pas, pour le moment, leur donner satisfaction et revoir le calendrier. Il rappelle que ces règles "doivent renforcer les banques et non les fragiliser"."Pour le moment je veux essayer de savoir pourquoi les Américains ont pris ce délai". Il dit attendre des éclaircissements du patron de la Réserve Fédérale (Fed), Ben Bernanke, la Fed étant un des régulateurs concernés.

"J'attends la réponse de M. Bernanke à qui j'ai écrit pour savoir la réalité de ce délai. S'il s'agit d'un délai technique, nous pouvons discuter. S'il s'agit d'une remise en cause de l'engagement pris, c'est une autre question"."Je ne crois pas que les Américains aient reporté sine die ce délai", a-t-il ajouté.

Michel Barnier confiant pour l'Union bancaire

Si toutefois Washington refusait d’appliquer Bâle III, faudrait-il exonérer également les banques européennes de ces nouvelles règles ? Michel Barnier refuse de se prononcer sur une telle hypothèse : "Nous verrons. Je ne veux pas répondre à des questions qui ne se posent pas pour l'instant.Je ne ferai pas n'importe quoi, j'attends la réponse des Américains", a-t-il insisté.

Concernant l'union bancaire, un autre dossier qu'il suit avec grande attention,Michel Barnier assure être confiant et pense que les chefs d’Etat de la zone euro "auront la volonté d’aboutir" et de trouver des solutions pour contenter les différentes positions des Etats-membres.

Le mécanisme de supervision bancaire prévoit de confier à un régulateur unique, la banque centrale européenne, la supervision des quelques 6000 banques de la zone euro. France et Espagne sont favorables à cette initiative, tandis que Berlin souhaite que les Landesbanken, ces établissements régionaux allemands, restent sous l’égide du régulateur national.

A destination de l’Allemagne, Michel Barnier se veut rassurant: "il ne s’agit pas de superviser quotidiennement les 6000 banques depuis Francfor. Ce que je souhaite ce que la BCE ait la capacité d’aller regarder n’importe quel dossier individuel qui poserait probème".Il indique que "sur cette base, il y a une grande marge pour travailler avec les régulateurs nationaux".

Julien Marion