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Les salaires mondiaux augmentent grâce à la Chine

Les salaires continuent d'augmenter en France plus que chez ses voisins européens.

Les salaires continuent d'augmenter en France plus que chez ses voisins européens. - Philippe Huguen - AFP

L'Organisation mondiale du travail a publié ce 5 décembre son rapport sur les salaires. Elle y montre que l'essentiel de la hausse des rémunérations en 2013 vient de la Chine, tandis qu'ils stagnent ailleurs.

Les salaires stagnent depuis la crise sur le Vieux continent. S'ils augmentent de 2% mondialement en 2013, c'est principalement grâce aux hausses dans les pays émergents, en particulier asiatiques. Voici l'un des enseignements du vaste rapport publié par l'Organisation mondiale du travail ce 5 décembre. En voici les faits saillants.

> La Chine fait grossir les chiffres

Les salaires augmentent mondialement de 2%, mais si l'on retire les statistiques chinoises, ils ne sont plus en hausse que de 1%! Dans les émergents d'Asie et d'Europe orientale, les rémunérations ont crû de 6% environ, tandis qu'elles évoluaient de 1% en Amérique latine.

Dans les économies matures en revanche, les salaires ont stagné, avec environ 0,2% de croissance. En France, en dépit de la faible croissance, ils ont progressé de 0,7%. Une exception en Europe où dans certains pays comme le Royaume-Uni, le Grèce, l'Irlande, ou l'Italie, ils ont reculé.

> Les émergents et les matures convergent… doucement

"Au cours des dix dernières années, on observe une lente convergence des salaires moyens des pays émergents et en développement avec ceux des économies développées, mais les salaires des économies développées restent en moyenne trois fois plus élevés que dans la catégorie des économies émergentes et en développement", explique Kristen Sobeck, économiste à l’OIT et l’une des auteurs du rapport. 

> La productivité grandit plus vite que les salaires

La valeur de ce qui est produit par un seul employé augmente plus et plus vite que son salaire dans les économies développées. Une tendance de long terme. En conséquence: la part du PIB utilisée pour rémunérer la main d'œuvre baisse. En face, celle part destinée à rémunérer les propriétaires de capitaux, notamment via le versement de dividendes, augmente.

> Les femmes toujours défavorisées par rapport aux hommes

Dans la plupart des économies, les hommes sont mieux payés que les femmes pour un travail égal à valeur égale. En Europe, cet écart de salaire va de 4 à 36% de différence. Les justifications souvent avancées pour expliquer ce fossé -éducation, expérience professionnelle, horaires de travail-, ne tiennent pas. La partie des écarts de salaires qui peut être corrélée à ces éléments est insignifiante. D'autant que plus on monte dans l'échelle des salaires, plus l'écart se creuse. 

N.G.