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Les Japonais très frileux dans leurs dépenses

La consommation des ménages a encore baissé.

La consommation des ménages a encore baissé. - Jewel Samad - AFP

La consommation des ménages a une nouvelle fois baissé en février. Il s'agit du douzième recul mensuel d'affilée.

Les prix à la consommation au Japon ont accentué leur rebond en février, après avoir enregistré en janvier leur première hausse depuis fin 2015. Hors produits périssables, les prix ont augmenté de 0,2% sur un an, un chiffre conforme aux attentes des analystes, contre +0,1% le mois précédent. Après une longue série négative, cette amélioration s'explique essentiellement par la remontée des cours du pétrole, plus que par une inflation intrinsèque alors que la reprise reste très modeste dans l'archipel. 

La consommation des ménages, maillon faible de la troisième économie mondiale, reste de fait ancrée dans le rouge: elle a chuté de 3,8% par rapport à février 2016, accusant son douzième recul mensuel d'affilée. Cette baisse est plus prononcée que ce qu'avaient pronostiqué les experts interrogés par l'agence Bloomberg News (-1,7%).

Les Japonais se montrent très frileux dans leurs dépenses par anxiété pour l'avenir, malgré l'ambitieuse stratégie économique lancée fin 2012 par le Premier ministre Shinzo Abe ("abenomics").

Les entreprises un peu plus optimistes

Les entreprises sont, elles, un peu plus optimistes, dans un contexte de repli du yen favorable aux groupes exportateurs nippons. La production industrielle a rebondi de 2% en février sur un mois, après un petit déclin de 0,4% en janvier, selon les données préliminaires publiées par le ministère de l'Industrie. Elle renoue ainsi avec la tendance positive observée ces derniers mois.

Pour les mois à venir, la perspective est mitigée d'après les industriels sondés par le ministère. Ils s'attendent à un recul de 2% en mars avant une envolée de 8,3% le mois suivant. Ces estimations sont toutefois souvent démenties par les chiffres annoncés ultérieurement et sont donc à prendre en compte avec prudence.

Dans ce tableau économique contrasté, le chômage demeure une valeur sûre. Il a fléchi de 0,2 point en février comparé à janvier, tombant à 2,8% de la population active, au plus bas depuis mi-1994. À noter cependant que cette statistique ne prend en compte que les personnes n'ayant pas du tout travaillé dans le mois donné, et masque donc l'essor des emplois précaires. Les conditions d'emploi, du moins sur le papier, sont par ailleurs restées très bonnes avec 143 offres pour 100 demandes, du jamais vu en plus d'un quart de siècle.

D. L. avec AFP