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Les Japonais anticipent la hausse de la TVA

Shinzo Abe semble être sur la bonne ligne pour que l'économie puisse soutenir la hausse de la TVA.

Shinzo Abe semble être sur la bonne ligne pour que l'économie puisse soutenir la hausse de la TVA. - -

Une batterie de statistiques a été publiée ce vendredi 28 février au Japon, montrant que la hausse des prix reste proche de son plus haut. Tout le pari de Shinzo Abe est que la reprise sera suffisamment forte pour pouvoir soutenir la hausse de la TVA.

Shinzo Abe va-t-il gagner son pari en réussissant à doper suffisamment la reprise économique nippone pour qu'elle puisse absorber une hausse de trois points de la TVA prévue le 1er avril ?

Les différentes statistiques publiées ce vendredi 28 février laissent penser que le Premier ministre japonais peut être modérément optimiste. La production industrielle a, au moins de janvier, enregistré son plus fort rythme de croissance en deux ans (+4%), et l'inflation reste proche de son plus haut de cinq ans (+1,3%) alors qu'Abe a décidé de mettre fin à plus d'une décennie de croissance atone et de déflation.

De plus, les dépenses des ménages ont encore augmenté en janvier (+1,1%), dépassant les prévisions des analystes, les Japonais ayant effecté des achats anticipés en vue de la hausse de TVA, de 5 à 8%.

Crainte de ralentissement de la consommation

Certains économistes continuent néanmoins de craindre que cette augmentation ne déclenche un ralentissement de l'économie nippone au second semestre.

"Je ne suis pas si confiant que cela concernant l'économie une fois passé le relèvement de la taxe sur la valeur ajoutée", dit Norio Miyagawa, chez Mizuho Securities Research & Consulting.

"Les dépenses de consommation ne seront pas aussi fortes qu'elles le sont actuellement. Il y a beaucoup d'incertitudes autour des exportations. Une fois que la Banque du Japon (BoJ) se sera rendu compte que les prix à la consommation n'accélèrent pas, elle va commencer à débattre de nouvelles mesures."

Face à ces inquiétudes, les responsables de la politique monétaire affirment que la reprise ne sera pas remise en question, même en cas de contraction au deuxième trimestre après la hausse de la TVA. Ils laissent entendre qu'il n'y a pas lieu de prendre de nouvelles mesures de soutien à la croissance dans l'immédiat.

45 milliards d'euros de recettes supplémentaires

La hausse de la TVA a été validée par Shinzo Abe en octobre dernier, bien qu'ayant été décidée par le gouvernement précédent. Elle doit permettre au pays d'amorcer le redressement de ses comptes publics, le pays croulant sous une lourde dette de plus de 240% du PIB.

En septembre dernier, le Conseil de politique économique et budgétaire estimait que la hausse de 2014 représenterait 6.000 milliards d'euros de yens (soit 45,3 milliards d'euros).

Tout le pari de Shinzo Abe est d'espérer que la reprise japonaise sera suffisamment forte pour pouvoir soutenir la hausse de cette TVA.

J.M. avec Reuters